Comme prévu, la Réserve fédérale a baissé les taux d'intérêt américains pour la deuxième fois cette année. Comme anticipé, cette dernière intervention de M. Greenspan n'a pas provoqué le même enthousiasme sur les marchés financiers que celle qui avait eu lieu au début de l'année. Cette fois, l'effet de surprise n'était pas au rendez-vous.

Force est de constater que le marché suisse, en raison de sa forte pondération dans les valeurs défensives, reste en mal de fantaisie. Il peine à s'éloigner du niveau des 8000 points sur l'indice SMI. Ceci est d'autant plus vrai que ces dites valeurs ont des évaluations assez élevées, la sécurité ayant un prix.

L'arrivée de la période de publication des résultats annuels (2000) ainsi que les commentaires des managements sur les perspectives bénéficiaires devraient sortir le marché de son oisiveté et regonfler quelque peu le volume des transactions. Dans ce contexte, et tous les manuels théoriques le confirment, les valeurs cycliques tirent en général leur épingle du jeu. Pour ce style d'investissement, le timing est primordial et les gains reviendront à ceux qui auront osé anticiper un retour à une croissance supérieure avant que celle-ci ne soit réellement effective.

Le bon comportement de certaines valeurs industrielles helvétiques (par: exemple; Clariant, Lonza, Sika, Saurer, Rieter etc.) ces derniers jours répond certainement à cette logique. Aujourd'hui cependant, cette stratégie comporte un risque important: celui de sous-estimer la période de ralentissement économique aux Etats-Unis. La double et rapide baisse des taux d'intérêt américains prouve que le ralentissement est plus marqué qu'on ne le prévoyait il n'y a encore que quelques semaines.