Après les craintes d'une croissance américaine incontrôlée et d'une récession, la peur de la stagflation s'est emparée des marchés financiers. Le niveau plus élevé que prévu de l'indice des prix à la production aux Etats-Unis et des prix à la consommation dans les quatre principales régions de l'ex-Allemagne de l'Ouest aura ainsi suffi pour que certains intervenants anticipent l'imminent débarquement de la stagflation. Dans cet environnement, le marché recherche la transparence et prime la visibilité des sociétés de «l'ancienne économie», ce qui devrait continuer de profiter au SMI et au SPI.

La semaine dernière, Ciba a publié des résultats opérationnels (+33% à 875 millions de francs) dans le haut des attentes des analystes. L'entreprise bâloise a résisté à la hausse des coûts des matières premières, améliorant sa marge opérationnelle de 9,1% à 11,1%. Avec 950 millions de cash-flow généré et une évaluation raisonnable, Ciba peut assainir son bilan et envisager l'avenir avec plus de sérénité. UBS a également publié de bons chiffres annuels, démontrant sa capacité, pour une banque d'investissement, à performer dans la durée. La progression de la masse sous gestion, hors PaineWebber, est certes décevante, mais il en va de même pour la plupart des sociétés du secteur. En 2001, après avoir stabilisé son management dans le private banking, UBS devra encore démontrer sa capacité à acquérir de nouveaux flux de fonds et à améliorer les performances de sa clientèle. Le style d'investissement hérité de Philips & Drew – orienté «value» – et la mise en place d'une structure ouverte dans la gestion de fortune privée devraient faciliter la réalisation de ces objectifs. Vendredi, Nestlé a annoncé d'excellents résultats: au-delà de la hausse de 9% du chiffre d'affaires à 81,4 milliards de francs, c'est surtout la progression durable des marges sur EBIT à 11,3%, la croissance interne réelle de 4,4% et l'accélération de la croissance lors du dernier trimestre qui ont retenu l'attention du marché. En effet, Nestlé bénéficie, d'une part, de l'important rebond des marchés émergents (à l'exception du Brésil) et de la croissance de ses cinq divisions et, d'autre part, de son programme de réduction des coûts lancé en 1997. Le contexte boursier actuel et les bonnes perspectives du groupe nous rendent confiants quant à la future évolution du titre.

* Lombard Odier & Cie.