L'indice SMI des grandes capitalisations suisses a atteint la semaine dernière son niveau le plus bas depuis une année et s'inscrit désormais en baisse de 17% depuis début janvier 2001, en ligne avec les autres places boursières européennes. Et ce ne sont ni les données macroéconomiques, ni les résultats des sociétés suisses publiés la semaine dernière qui pourront mettre du baume au cœur des investisseurs, de plus en plus nerveux et enclins à sanctionner sévèrement le moindre faux pas de sociétés portées au pinacle il y a moins d'une année.

Il aura par exemple suffi à Syngenta d'annoncer en début de semaine que la saison agricole a commencé tardivement cette année en raison de facteurs climatiques pour que les inquiétudes liées aux résultats prennent le pas sur la raison, et que le titre perde 8% sur la séance. Cela sans que les fondamentaux à moyen terme ou le potentiel de synergies ne soient nullement remis en cause. Syngenta surperforme néanmoins le SMI de plus de 25% depuis son lancement en novembre dernier.

Les résultats de Clariant ont été plus décevants, les promesses en termes de croissance et de marges faites lors de l'acquisition de BTP en février dernier n'étant pour l'instant pas tenues. Des restructurations, voire des changements de plus grande envergure sont à prévoir cette année au sein de la société bâloise.

Mais la plus grosse déception de la semaine est venue sans conteste de Zurich Financial Services. Si le recul du bénéfice net normalisé par rapport à 1999 (–5,5%) était attendu après le profit warning émis début février, la société a annoncé jeudi dernier un nouveau déclin pour 2001. Ainsi, le résultat net devrait se situer entre 1,8 et 2,0 milliards de dollars en 2001, nettement en dessous de l'objectif de croissance fixé par la société à 10%-15%. Résultat: le titre a plongé de 20% sur une séance à 549 francs.

Une volatilité aussi marquée et une incertitude aussi grande autour des titres des principales sociétés suisses, tant par leur image que par leur capitalisation boursière, ne peuvent que porter préjudice à notre marché et à sa performance future.