Depuis le début de 1999, le marché suisse des actions (SPI) a gagné 3,1%, battu en brèche par les marchés français (16,5%), britannique (19,0%) et allemand (9,2%). Les marchés japonais et, une fois de plus, américain, ont culminé à respectivement 40,4% et 27,8%. A l'origine des déceptions réservées par le marché suisse, les nouvelles négatives en provenance de valeurs phares de l'indice (Novartis, Roche et Nestlé) et l'appétit marqué des investisseurs pour des marchés plus cycliques.

L'environnement monétaire favorable et la reprise des exportations vers l'Asie nous permettent d'entrevoir un retournement du cycle conjoncturel en Europe, dont la croissance sera plus solide au deuxième semestre.

La Suisse, qui a atteint le creux de la vague au premier trimestre où elle a souffert des mouvements d'ajustement dans les stocks et de la faiblesse du commerce extérieur, verra ses exportations se reprendre avec la relance de la croissance mondiale, et les dépenses de consommation resteront soutenues grâce à la baisse continue du taux de chômage.

Ceci ne devrait pas avoir d'incidence sur l'inflation, contrebalancée par les effets de la déréglementation. En Europe et en Suisse, les fondements économiques ne justifient d'ailleurs pas une poursuite du mouvement de hausse.

Des taux d'intérêt stables et un dollar US qui a touché un plus haut le 1er juillet depuis huit ans face au franc suisse (1,56) devraient aider le marché suisse à mettre fin à sa sous-performance par rapport à l'Europe.

Nous avons révisé nos estimations de croissance bénéficiaire pour le marché suisse à la hausse. Celles-ci se situent à 31% pour 1999 (15% sur base normalisée) et 13,5% pour 2000. Nos prévisions 1999 et 2000 pour les petites capitalisations suisses sont encore plus optimistes. Ayant déjà mené à terme leurs projets de restructuration, de nombreuses petites sociétés sont idéalement positionnées pour bénéficier de l'embellie macroéconomique et de l'appréciation du dollar. Nous pensons aux secteurs peu répandus dans le reste de l'Europe, tels que les technologies médicales (Disetronic, Phonak) les services (Selecta, Julius Baer, SGS) et les médias (PubliGroupe, Edipresse).

Pour fin 1999, notre objectif du SPI se situe à 4800. Les nouvelles industrielles positives n'étant pas encore reflétées dans l'évaluation du marché, nous avons révisé à la hausse notre objectif à douze mois de 4800 à 5300, avec un rendement de +12%.

* Recherche Suisse, Lombard Odier & Cie.