Ce n'est pas une exploitation piscicole biologique, comme son nom pourrait le laisser penser, mais une société de biotechnologie de pointe, américano-suisse et innovatrice, cotée depuis juillet 1999 sur le Nouveau Marché suisse. Son cours a flambé en janvier-février 2000, passant de 20 à 76 francs. Aujourd'hui, l'action vaut environ 15 francs, avec un plus bas à 12,20 francs, atteint à la mi-décembre 2000. Toutefois, l'activité de BioMarin n'a pas changé au cours de cette période. Ce sont les perspectives de revenus – et l'engouement induit – des produits qu'elle développe qui portent ou font chuter le cours en bourse, au gré des bonnes nouvelles ou des déceptions.

BioMarin tire pour l'heure l'essentiel de ses revenus de son joint-venture avec la société américaine Genzyme pour l'Aldurazyme (médicament pour le traitement de la mucopolysaccharidose-l), encore en tests cliniques; cet accord devrait générer près de 500 millions de francs d'ici à 2006. Cependant, BioMarin développe aussi des thérapies à base d'enzymes pour le traitement des désordres génétiques chroniques, des affections mentales ou de la dépression chronique grave. La recherche effectuée en interne devrait déboucher sur trois produits commercialisables dans les quatre prochaines années, pour un chiffre d'affaires attendu de plus de 400 millions de francs d'ici à cinq ans. La société devrait devenir profitable dès 2003.

Certes, d'ici là, BioMarin risque d'être confrontée à des problèmes de liquidités pour le financement de ses recherches (comme à la fin de l'année dernière), mais qui, mieux que les investisseurs, a les moyens de mettre à la disposition des «biotechs» les montants nécessaires, et de participer ainsi à l'élaboration de la pharmaceutique du futur?

* UBP Gestion institutionnelle.