Flash-back: il y a quelques semaines, l'Office des faillites et poursuites de Genève défrayait la chronique suite à une histoire d'engagements de travailleurs temporaires qui avaient cessé de l'être. Au-delà de la polémique, l'affaire met en relief un phénomène général et inéluctable: la flexibilité croissante de l'emploi. Les investisseurs et analystes suisses connaissent bien ce domaine grâce notamment à la présence dans notre petit pays du leader mondial du travail temporaire: Adecco.

PME il y a encore quelques années sous le nom d'Adia, la société a vu sa taille exploser lors de sa fusion avec Ecco en 1996. Aujourd'hui active dans le monde entier, elle est leader en Europe et en Asie (y compris au Japon) et occupe le 4e rang aux Etats-Unis. Un tel succès aiguise les convoitises des communes, sachant qu'Adecco est à la recherche d'un site pour fixer son siège social (actuellement à Chéserex). Cerise sur le gâteau, le groupe a fait une entrée méritée dans le SMI le 1er juillet dernier, sa capitalisation boursière de 14,6 milliards de CHF la plaçant au 9e rang des sociétés suisses cotées.

Les entreprises font de plus en plus appel à des spécialistes pointus (avocats, informaticiens, managers) pour la réalisation de projets temporaires et particuliers, et passent ainsi par les sociétés de placement, qui ont une base d'adresses suffisante pour répondre à la plupart des besoins. La part de cette activité ne représente pour l'instant que 12% du chiffre d'affaires d'Adecco, mais elle augmente rapidement.

Avec une croissance des bénéfices estimée à plus de 20% par an pour les trois prochaines années et un P/E de 21x 2000, Adecco semble être une valeur à privilégier, même si le titre s'est déjà apprécié de 30% depuis le début de l'année.

*UBP Gestion Institutionnelle.