Technologie

Le marché des tablettes chute depuis quinze trimestres, mais Apple s’en sort

Apple a présenté mardi un nouvel iPad Pro. La société est l’une des seules à accroître ses ventes dans un marché en recul ininterrompu

La crise? Quelle crise? Mardi, Apple a présenté, lors d’un événement à New York, un nouvel iPad Pro, disponible en deux tailles. L’annonce pourrait paraître anecdotique, mais elle s’inscrit dans un contexte particulier. Car depuis quinze trimestres de suite, le marché mondial des tablettes est en recul.

Dans le détail, les deux iPad Pro, de 11 et 12,9 pouces de diagonale, seront plus fins (5,9 mm), plus puissants et leur volume sera réduit de 25%. Leurs premiers prix seront respectivement de 899 et 1139 francs. Ils seront disponibles avec Face ID, un port USB-C et le stylet, doté de nouvelles fonctions, pourra être attaché à l’appareil de manière magnétique. Mardi, Tim Cook a annoncé que 400 millions d’iPad avaient été vendus depuis leurs débuts en 2010. La société a aussi présenté mardi deux nouveaux ordinateurs: un MacBook Air et un Mac mini.

Manque d’innovation

A première vue, lancer de nouveaux iPad est osé, tant le marché des tablettes est devenu difficile. Lors du deuxième trimestre de cette année, les ventes mondiales ont chuté de 6% selon la société de recherche britannique Strategy Analytics, et même de 13,5% selon son homologue américaine IDC. Il existe aujourd’hui des centaines de concepteurs de tablettes tournant avec Android, le système d’exploitation de Google. Mais «de nombreux fabricants de produits avec Android perdent des parts de marché et du chiffre d’affaires à cause d’une baisse des prix et d’un manque d’innovation», estime Strategy Analytics dans une note.

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Les consommateurs conservent plus longtemps leurs tablettes, souvent utilisées pour naviguer sur internet, regarder des films ou consulter des e-mails. Autant d’activités qui ne nécessitent pas des applications dernier cri et qui sont ainsi peu touchées par les mises à jour d’appareils imposées par les fabricants. De plus, le phénomène des smartphones à écran géant a mis à mal le segment des tablettes de petite taille. Enfin, malgré l’arrivée des tablettes avec clavier détachable, un ordinateur portable classique permet toujours d’effectuer davantage de tâches.

Concurrents sous pression

Dans ce marché morose, la firme dirigée par Tim Cook tire son épingle du jeu, avec 28,2% du marché selon Strategy Analytics et même 34,9% selon IDC. La marque à la pomme est la seule, avec Huawei, à avoir accru ses ventes en 2018. «Apple utilise sa part de marché et la puissance de sa marque pour mettre sous pression ses concurrents proposant des machines tournant sous Windows et Android, estimait récemment une analyste de Strategy Analytics. En abaissant ses prix et en ajoutant davantage de fonctions cette dernière année, Apple a gagné plusieurs points de parts de marché et maintient un prix moyen de vente élevé grâce à son mix entre iPad normaux et Pro.»

Numéro un du marché des tablettes – alors qu’il est troisième sur celui des smartphones –, la société a tout intérêt à continuer à lancer de nouveaux modèles. L’iPad lui a permis de générer 4,7 milliards de dollars de chiffre d’affaires lors du dernier trimestre, soit 8,8% de son total. A titre de comparaison, l’iPhone représentait 56,1% du total.

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