L'économie et l'écologie font bon ménage. En voici la preuve. Les ventes de technologies environnementales du groupe industriel américain General Electric (GE) ont atteint 12 milliards de dollars en 2006, soit 20% de plus qu'en 2005. Un record. Et des commandes fermes d'une valeur de 50 milliards de dollars sont en attente.

Les technologies environnementales couvrent toute une gamme de produits et de services: les installations pour produire des énergies renouvelables (éoliennes, panneaux solaires), l'ingénierie qui augmente l'efficience énergétique, des usines de traitement, d'élimination ou de valorisation de déchets domestiques ou industriels, des systèmes de contrôle de la qualité de l'eau ou de l'air, pompes à chaleur.

Et tout reste à inventer. Comme le prototype d'une locomotive hybride qui rejette un minimum de dioxyde de carbone (CO2) dans l'air et qui améliore l'efficience énergétique, révélé mercredi dernier par GE. «La demande des produits au service de l'environnement croît au-dessus de nos espérances. Je n'avais jamais vu des ventes aussi spectaculaires en vingt-cinq ans», a déclaré Jeff Immelt, le patron de GE, jeudi. Il impute ce succès aux investissements dans la recherche. L'entreprise y a consacré 900 millions de dollars en 2006. Ce budget passera à 1,5 milliard en 2010. Les ventes atteindront alors 20 milliards.

La prise de conscience mondiale des risques liés au réchauffement climatique mais aussi à l'incertitude énergétique donne en effet une grande impulsion aux technologies environnementales. Mais les grands groupes industriels qui ont anticipé le mouvement récoltent déjà les fruits dans un marché mondial estimé en 2005 à 665 milliards de dollars.

A l'instar de GE, quelques entreprises suisses se profilent aussi dans ce créneau. «Ce secteur représente plusieurs milliards de dollars dans notre chiffre d'affaires, se félicite Thomas Schmidt, porte-parole d'ABB. Nos clients préfèrent investir dans des installations propres aujourd'hui au lieu de dépenser des millions pour nettoyer la pollution demain.» Les produits phares d'ABB vont du simple détecteur qui éteint la lumière lorsqu'une pièce est vide aux génératrices pour les turbines d'éoliennes. L'an dernier, les ventes de celles-ci ont rapporté 500 millions de dollars.

Oerlikon Solar, spécialiste de panneaux solaires, compte actuellement 150 employés. «Mais nous serons déjà plus de 200 d'ici à la fin de l'année, déclare leur porte-parole Jürg Steinmann. Pour l'heure, ce segment représente une petite fraction dans notre chiffre d'affaires. Mais le marché mondial est en pleine croissance, ce qui représente de belles perspectives pour le groupe.»

Outre les grands groupes industriels qui ont pris le virage environnemental, la Suisse compte des dizaines de PME spécialisées, souvent issues de l'une ou l'autre école polytechnique fédérale. «Nous avons galéré pendant des années et on nous prenait pour des idéalistes. Maintenant, le marché nous donne raison», déclare Alain Jenny, principal promoteur de Swiss Environmental Solutions for Emerging Countries (Sesec), une rencontre annuelle à Lausanne entre fournisseurs de technologies et de services environnementaux et d'acheteurs des pays émergents. «Plusieurs projets mis en place par Sesec sont maintenant sur les rails», se félicite Alain Jenny.