Attaqué par Viacom - propriétaire entre autres de MTV -, qui lui réclame un milliard de dollars pour violation du copyright, Google ne se laisse pas faire. Lundi soir, il a défendu sa filiale YouTube en invoquant le Digital Millenium Copyright Act (DMCA), qui stipule que tant que les sites web retirent du matériel protégé lorsqu'ils en sont avertis, ils sont dans leur droit. Immédiatement, Viacom a affirmé que le DMCA ne s'appliquait pas pour YouTube.

Dans une déclaration au tribunal de New York, Google affirme qu'«en cherchant à faire poursuivre les fournisseurs d'accès et les hébergeurs pour les communications sur internet, la plainte de Viacom menace la façon dont des centaines de millions de personnes échangent légitimement des informations, du divertissement et des expressions politiques et artistiques».

Pour l'heure, le personnel de YouTube continue de retirer chaque jour des vidéos soumises à copyright. Google pourrait bientôt utiliser la technologie de Audible Magic pour filtrer le contenu. Derrière l'affrontement entre Google et Viacom se cache un marché de la vidéo sur Internet en pleine ébullition. Microsoft vient de lancer une version test de Soapbox, véritable clone de YouTube. Du coup, estiment de nombreux experts, les fans de YouTube (35 millions de visiteurs uniques en février) vont sans doute préférer l'original. Sony tente lui aussi de les appâter, avec le lancement, vendredi dernier, de eyeVio. De leur côté, News Corp. - propriétaire de MySpace - et NBC Universal lanceront un site commun gratuit de vidéo cet été.

Reste à gagner de l'argent via ces coûteuses plateformes. Le magazine Red Herring rapportait récemment les propos de Suzie Reider, responsable chez YouTube, qui annonçait des publicités pour cet été, sous forme de clips placés avant et après les vidéos, voire même pendant. L'idée est de partager les revenus des annonces avec une sélection d'un millier de fournisseurs de vidéo de qualité, a expliqué Suzie Reider.

La société qui semble la plus avancée pour gagner de l'argent via des vidéos est Joost. Créé par les fondateurs de Skype et Kazaa, ce service de vidéo à la demande, en phase de test, annonce avoir déjà signé avec trente annonceurs dont Coca-Cola, Intel, United Airlines et IBM. Or certains de ces accords sont déjà effectifs, puisqu'il a par exemple été possible de voir, ce mardi, des publicités pour L'Oréal au milieu d'un clip musical indien. Joost annonce des tarifs de 50000 à 100000 dollars pour un clip, selon sa diffusion aux Etats-Unis ou dans le monde entier.