Le SMI prend ses quartiers sous les 4000 points. Alors que les barres psychologiques des 6000 et 5000 points avaient été enfoncées durant le seul mois de juillet dernier, l'indice vedette de la Bourse suisse a franchi la barre des 3900 points atteignant son niveau d'il y a six ans. Il termine à 3880 points, à cause notamment de la chute des valeurs financières dont il craint qu'elles ne pâtissent un peu plus de la chute des marchés au vu de leurs importantes positions en portefeuille (voir ci-contre). Le 29 décembre 1996, le SMI avait terminé la séance à 3920 points et le 7 janvier 1996, son plus bas de cette année là, il s'était situé à 3376 points. Sa dégradation paraît plus rapide que personne n'osait l'envisager. Le Swiss Market Index a déjà enchaîné deux années de recul (–21,8% en 2001 et –26% en 2002) et a débuté 2003 en chute de plus de 16%. La Bourse suisse n'a évidemment rien d'un cas isolé.

Les industries impuissantes

Paris a connu une semaine noire en baissant quasiment à chaque séance pour se retrouver à son niveau d'il y a six ans à 2574 points. Un moindre mal par rapport à Francfort qui teste son niveau d'il y a sept ans, Londres, d'il y a huit ans et Tokyo, d'il y a vingt ans. «L'absence totale de volume contribue à amplifier le moindre flux vendeur, ce qui tend à biaiser l'analyse technique», écrivait hier un analyste de CDC IXIS à Paris dans une note. Les industries exportatrices qui pourraient être l'un des moteurs de la reprise sur le Vieux Continent doivent lutter avec un dollar qui a atteint son plus bas face à l'euro comme le franc depuis quatre ans. «Je ne vois pas de reprise significative du marché actions tant que les prix du brut ne tombent pas au-dessous de 28 dollars», explique Gérard Piasko, responsable de l'investissement chez Julius Bär, cité par Bloomberg. Du côté de la Bourse américaine, les indices se reprenaient hier suite à l'annonce de la capture de deux fils d'Oussama Ben Laden au Pakistan. Ils se portent de toute façon mieux que leurs confrères européens: le Dow Jones a cédé environ 7,60% depuis le début de l'année et le S & P500, 6,20%.

Plus personne ne semble miser sur une reprise rapide des indices mondiaux. Les principales économies de la planète (Etats-Unis, Europe et Japon) se retrouvent en panne, et la probabilité d'une guerre en Irak conforte les opérateurs dans leur volonté de vendre leurs titres sans qu'il y ait forcément d'acheteurs à l'autre bout de la chaîne. «On compare volontiers la période actuelle avec la première guerre du Golfe, met en garde Pierre-Yves Brack, analyste auprès de la banque privée Edmond de Rothschild. C'est une erreur: la résolution du cas irakien ne signifie pas cette fois la fin de tous les problèmes.»

Les déficits publics enflent

Les fondamentaux des économies occidentales restent en effet mauvais avec des déficits publics qui enflent, le chômage qui repart à la hausse et des tensions sur le marché des devises et du pétrole. Quant à la purge des années de spéculations liées à la Nouvelle Economie, bien qu'elle entre dans sa phase finale, elle ne cesse de se rappeler au bon souvenir des investisseurs. Hier, la justice américaine annonçait qu'elle inculpait Frank Quattrone, le banquier d'affaires de Credit Suisse First Boston, dans le cadre d'enquêtes sur les IPO et qu'elle demandait à sept directeurs de cette même banque de venir témoigner au procès Enron qui doit s'ouvrir ces prochains mois.