Les marchés américains ont une nouvelle fois connu une journée très agitée vendredi. Les principaux indices ont tous cédé du terrain à cause des avertissements émanant de nombreuses entreprises au sujet de leurs prochains résultats trimestriels, à l'instar de Delta Air Lines.

La publication très attendue des chiffres de l'emploi pour décembre avait pourtant, dans un premier temps, semblé rassurer les observateurs. Le niveau de chômage reste à 4%, sans changement par rapport au mois précédent et en-deça des prévisions des experts (à 4,1%). Mais une étude attentive de la batterie de statistiques montre que si 105 000 emplois ont été créés le mois dernier, la moitié l'ont été par les services publics. Un signe qui tend à montrer que le privé se préserve déjà d'embaucher, en prévision de difficultés à venir. Désormais, de plus en plus d'observateurs s'inquiètent de voir le pays en récession, alors même que dans la nuit de jeudi à vendredi, la Fed a une nouvelle fois baissé son taux d'escompte d'un quart de point à 5,5%. Ce relâchement un peu plus de 24 heures après le premier abaissement sur un instrument, qui reste une arme symbolique par rapport au principal taux directeur, a toutefois donné au marché le sentiment que la Fed est confortée dans son scénario de ralentissement.

Le marché a joué à se faire peur vendredi, avec une rumeur qui planait au sujet de la faillite imminente d'une des plus grandes banques du monde, Bank of America. Selon les bruits entendus à Wall Street, la Fed aurait en fait baissé ses taux mercredi pour éviter une catastrophe à tout le système bancaire. Les dirigeants de Bank of America ont assuré, par voie de communiqué, que leur maison n'avait pas enregistré de pertes sur le secteur des dérivés, comme la rumeur le colportait, ou dans tout autre département. Le titre très travaillé a toutefois été suspendu 45 minutes en début de séance et la plupart des valeurs bancaires ont cédé du terrain à cause de cette «nouvelle».

Profit-warning dans la distribution

Les firmes qui ont annoncé des avertissements sur leurs résultats vendredi sont souvent liées au secteur de la distribution, sous pression après des fêtes de Noël jugées décevantes. C'est le cas par exemple de Nordstrom, dont les résultats au prochain trimestre seront coupés en deux par rapport aux prévisions préalablement émises, et de Borders Group, une chaîne de librairies qui rate son objectif de 10%. A la mi-séance, les marchés restaient en baisse sur la semaine à l'image du Nasdaq, alors même que l'indice avait pris plus de 14% sur la seule séance de mercredi.