Avant le krach de 1997, l'Asie affichait une fabuleuse croissance économique et peu de croissance de bénéfices. Cette année est le début du nouveau paradigme: peu de croissance économique et forte croissance des bénéfices. C'est la caractéristique des économies en restructuration. Alors, faut-il encore investir en Asie? La réponse est clairement oui.

Après leur dévaluation de 1997, les monnaies de la zone Asean (Singapour, Malaisie, Thaïlande, Indonésie, Philippines) et de la Corée du Sud s'apprécient depuis le début de l'année. Ce phénomène est très favorable aux bilans des entreprises car il diminue le montant de la dette étrangère.

Un autre point très favorable est la tendance à la baisse des taux d'intérêts. Cette baisse des taux a deux conséquences positives pour ces marchés: Elle rend les évaluations des actions plus attrayantes et augmente les bénéfices en réduisant les charges financières. La croissance des bénéfices qui en découle est phénoménale. Les bénéfices de ces marchés, à l'exception de ceux de la Thaïlande (qui affiche des pertes dans son ensemble) et de la Malaisie (qui a fermé son marché l'année passée) devraient progresser entre 60% pour les Philippines et 70% pour la Corée sur 1999 et 2000. La zone «Asean et Corée» représente une situation idéale pour les investisseurs (appréciation des monnaies et baisse des taux) et nous la privilégions dans l'allocation asiatique au détriment de la zone «Grande Chine» (Chine, Hongkong et Taïwan) sur laquelle nous émettons des réserves compte tenu de nos craintes sur la monnaie chinoise.

* Darier, Hentsch & Cie.