Après un quatrième trimestre 1999 frénétique, les marchés asiatiques abandonnent finalement quelque peu de leurs gains avec le tournant du millénaire. Rappel des performances des principaux marchés au dernier trimestre: Hong Kong était en hausse de 33%; la Corée a progressé de 31% et Singapour affichait +25%, sans parler des performances vertigineuses des sous-indices technologiques. Ces performances, que les investisseurs attribuent volontiers au concept de l'économie nouvelle et au diktat des investissements dans le «e-business», étaient tout simplement le résultat d'une injection massive de liquidités par les banques centrales, par crainte du fameux «bug de l'an 2000». Il n'est donc pas étonnant de voir une flambée générale des bourses mondiales depuis le mois d'octobre et la concentration de la hausse dans les titres technologiques. Emportés par l'euphorie qu'Internet va changer notre mode de vie, les opérateurs boursiers se culpabilisaient moins en achetant cette industrie nouvelle pour laquelle il n'existe pas de modèle d'évaluation bien établi, alors que les secteurs traditionnels paraissaient de plus en plus chers. Le «bug» n'a pas daigné montrer son nez et dans l'anticipation d'une résorption de l'excès de liquidité, les bourses marchent à reculons. Pour les marchés qui ont bénéficié le plus de l'effet «Y2K boom» comme Hong Kong, cette correction est saine et bienvenue. Ceci n'entame en rien le scénario de reprise continuelle des pays asiatiques et de leurs bourses. La preuve en est que, dans le blues général post-Y2K, certains marchés asiatiques, qui sont relativement isolés des flux de fonds internationaux, affichent fièrement leur hausse. Ce sont l'Inde et Taïwan.

*Pictet & Cie