L'indice Nikkei a progressé de 30% pendant les premiers six mois de l'année. Il se situe maintenant tout près de 18 000 yens. La politique monétaire expansive de la Banque du Japon continue de drainer des liquidités hors des placements à revenu fixe et favorise la hausse des cours. L'engouement suscité par ce marché auprès des investisseurs étrangers demeure intact. Ces derniers ont investi près de 40 milliards de dollars depuis le début de l'année, ce qui leur permet désormais de détenir une plus grande proportion de la capitalisation boursière que les banques de l'archipel. Cette situation, considérée comme saine par certains en raison de la pression que les actionnaires étrangers ne manqueront pas d'exercer sur les dirigeants des entreprises, pourrait être à double tranchant si les résultats intérimaires devaient ne pas être à la hauteur des prévisions.

S'il est vrai que les récentes données économiques laissent augurer une amélioration de la situation, il n'en demeure pas moins que l'environnement dans lequel les entreprises évoluent demeure très difficile. Un grand nombre d'entre elles souffre d'une contraction des marges bénéficiaires en raison de l'ajustement progressif des prix au Japon au niveau des autres pays. Le secteur manufacturier, en revanche, bénéficie de la reprise économique en Asie. Le rebond de la production industrielle des pays voisins de l'archipel fait progresser les exportations nippones et permet de compenser quelque peu la perte de compétitivité engendrée à la suite de la dévaluation des monnaies asiatiques.

Le bilan boursier de ces premiers six mois est très réjouissant et les plus-values dans certains secteurs sont impressionnantes. Les mesures visant à stabiliser l'économie ont visiblement porté leurs fruits; il faut à présent que l'économie privée prenne le relais. Les investisseurs étrangers s'attendent visiblement à la réalisation de ce scénario. La prudence s'impose cependant au niveau actuel en raison d'une évaluation actuelle élevée.

* Pictet & Cie.