Les électeurs japonais doivent se demander à quoi servent leurs élus. Alors que l'économie ralentit, que les faillites augmentent et que le système bancaire pourrait à nouveau faire face à une crise importante, les politiciens semblent ne montrer qu'un sens ténu des responsabilités.

La perspective du renouvellement du parlement prévu au mois de juillet semble réveiller le contestataire qui sommeille en chaque politicien de l'Archipel. Loin de débattre du nouveau budget ou de chercher à résoudre les problèmes du secteur financier, la Diète est bloquée par la volonté des partis d'opposition de faire comparaître les membres du LDP qui auraient bénéficié des «largesses» de la société KDS. De plus, l'attitude du premier ministre Mori à la suite de l'accident survenu entre un sous-marin américain et un bateau japonais ainsi que le don à M. Mori d'une carte de membre d'un club de golf mettent le gouvernement dans une situation de faiblesse.

Ces tergiversations démontrent, si cela est encore nécessaire, que les politiciens ne font pas grand cas des graves problèmes financiers qui guettent la deuxième économie du monde. Les conséquences des décisions du cabinet Hashimoto, qui avait mis en place la comptabilité ajustée au prix du marché, continuent encore d'hypothéquer toute velléité de reprise économique.

Ces nouvelles normes seront mises en place dès avril 2001 alors que la garantie de l'Etat sur les comptes bancaires cessera douze mois plus tard. Nul ne peut dire quelle serait la réaction des épargnants si les journaux japonais devaient se faire l'écho de difficultés financières de l'un des établissements dans lesquels ils ont placé leurs épargnes.

Les différents gouvernements qui se sont suivis à la barre du pays ont pu temporiser jusqu'ici car l'extraordinaire croissance économique américaine permettait au secteur exportateur de subventionner l'économie domestique. L'embellie est finie, et les échéances sont de plus en plus rapprochées.