L'ensemble des marchés européens a fortement baissé jeudi dernier en raison de la rumeur de faillite des banques Daiwa et Chuo Mitsui. La veille, au Japon, le secteur bancaire perdait 5% sur les mêmes rumeurs. L'influence des titres bancaires nippons serait-elle donc si importante? En d'autres termes, la faillite, annoncée à tort, de Daiwa Bank, qui n'a qu'une présence limitée dans le marché interbancaire international, mérite-t-elle que l'on vende des titres pharmaceutiques suisses? L'esprit des investisseurs est parfois bien tortueux.

Il est vrai que le vide politique créé par les tergiversations du Premier ministre Mori ne contribue en rien à alléger la crise financière actuelle. Loin de montrer le leadership nécessaire à résoudre celle-ci, le Parti libéral démocrate (LDP) continue de débattre de la survie du cabinet. Du moins jusqu'à la rumeur de faillite de Daiwa Bank car, depuis, les politiciens et les autorités monétaires semblent se remettre au travail pour chercher une solution. Les premiers, après avoir dévoilé vendredi 9 mars un nouveau plan destiné à abaisser la fiscalité liée aux investissements boursiers, ont annoncé vouloir créer une entité chargée de racheter les actions détenues par les banques afin d'alléger leur bilan. La banque centrale, de son côté, abaissera probablement le loyer de l'argent au jour le jour au niveau zéro lors de sa réunion du 19 mars. L'agence de surveillance du secteur financier continue à chercher une solution pour que les banques classent de façon plus stricte leurs actifs. Pour ce faire, il faudra probablement modifier la loi sur les entreprises pour permettre la séparation des entités qui font des pertes, afin que ces dernières soient plus facilement identifiées dans les comptes des banques.

Toutes ces mesures ont été prises jusqu'ici dans l'urgence et aucune d'elles appliquée séparément ne pourra remettre l'économie sur pied. Nous continuons de penser que la clé réside dans une solution globale qui doit être coordonnée entre les autorités, les surveillants et les surveillés. Les problèmes actuels rencontrés par quelques établissements bancaires pourraient ne pas permettre aux politiciens de temporiser encore une fois.