Malgré sa progression spectaculaire en 1999 (+83% en monnaie locale), le marché sud-coréen demeure l'une des places à privilégier pour l'an 2000. En effet, la Corée du Sud remplit la plupart des conditions nécessaires à une performance supérieure à ses pairs, même si l'environnement mondial devenait plus volatil. Premièrement, les réformes structurelles amorcées, et toujours poursuivies activement par le gouvernement, sont garantes de la pérennité de ce qui paraît être une phase de hausse à long terme de la Bourse. Deuxièmement, les surplus extérieurs générés depuis deux ans ont permis une forte baisse des taux d'intérêt et facilitent la conduite d'une politique monétaire accommodante, tout en maintenant une pression haussière sur la devise. Enfin, la confiance des investisseurs étrangers est étayée par l'abaissement des ratios d'endettement des entreprises. La rapidité et la persévérance avec lesquelles les sociétés sud-coréennes se désendettent sont impressionnantes. Compte tenu d'une telle amélioration de la balance épargne/investissement, dans un cycle normal, les taux d'intérêt auraient dû baisser de manière bien plus importante qu'ils ne l'ont fait jusqu'à présent. Les inquiétudes entourant encore le système bancaire sont la cause principale du maintien d'un coût du capital trop élevé. Cependant, la résolution récente du «problème Daewoo» devrait permettre un retour à la normale sur le front des taux d'intérêt. Dans cet environnement, l'évaluation du marché reste très raisonnable. Entre 1989 et 1995, le ratio cours/bénéfice (PER) s'est maintenu dans une fourchette comprise entre 18x et 30x. Compte tenu de l'amélioration «qualitative» des bénéfices intervenue entre-temps, les PER de 14x les profits 2000 et 10x 2001 paraissent injustement bas. La consolidation actuelle représente une excellente opportunité de s'engager sur ce marché.

* Darier Hentsch (Asia) Ltd.