Les événements récents qui ont marqué la scène économique et financière chinoise illustrent bien les contrastes caractéristiques de ce pays. Devant la neuvième session du Congrès national du peuple qui se tient actuellement à Pékin, le premier ministre Zhu Rongji a présenté les perspectives de l'économie chinoise pour l'année 2001 et les suivantes. L'idée maîtresse qui sous-tend ces discours est la stabilité des grandes tendances de l'activité et la continuité de la politique économique qui a progressivement préparé la Chine à entrer prochainement dans l'OMC. La croissance va rester soutenue: 7% l'an pour les cinq prochaines années. La politique de réformes continue à donner de plus en plus de place à l'économie de marché et au secteur privé. La politique fiscale reste proactive. Les émissions d'emprunts spéciaux financeront les dépenses d'infrastructures et le développement des provinces de l'intérieur les plus défavorisées. Elles soutiendront l'économie domestique et limiteront l'impact du ralentissement de la demande américaine sur les exportations. Le déficit budgétaire n'excédera pas 3% du PIB. Rien de bien nouveau dans tout cela. C'est sage, classique et réaliste. Du côté des marchés d'actions, autre climat, autre monde. L'ouverture soudaine des marchés dits «B» (jusqu'alors réservés aux étrangers) de Shanghai et Shenzhen aux investisseurs domestiques a provoqué une flambée spéculative. L'afflux de liquidité sans contrepartie les a fait monter de plus de 50% en cinq séances, hausse injustifiable par les fondamentaux des titres concernés. Les prises de profit ont déjà commencé. Le marché chinois des capitaux s'ouvre. Ce n'est qu'un début. Attention aux turbulences!