La Bourse de Tokyo, qui avait chuté lundi à son plus bas niveau en 26 ans, s’est envolée de 5,15% vendredi en clôture, la plus forte hausse de l’année.

A Hong Kong, l’indice Hang Seng flambait de 3,59% à la mi-séance. En clôture, Sydney a bondi de 3,18%, la Nouvelle-Zélande de 1,28%, Taipei de 3,00%. A l’inverse, Manille a perdu 1,25% et Séoul est restée quasi stable en baissant de 0,03%. Vers 7h30 (heure suisse), Singapour gagnait 2,98%, Bangkok 2,37% et Bombay 3,47%. A contre-courant, Shanghai perdait 0,28%.

Toucher le fond ?

Jeudi soir, la bourse de New York avait signé une troisième séance consécutive de hausse, emmenée par General Electric et les valeurs bancaires: le Dow Jones avait gagné 3,36% et le Nasdaq 3,89%. Les courtiers estimaient toutefois qu’il est trop tôt pour affirmer que les marchés mondiaux ont finalement touché le fond après des mois de crise.

«Je suis dubitatif quant aux perspectives de hausse la semaine prochaine, même si je pense que nous commençons à être en bien meilleure santé», a commenté Ric Klusman, trader chez Aequs Securities, à Dow Jones Newswires.

Eventuel nouveau plan chinois

Les ministres des Finances et banquiers centraux du G20 se réunissent samedi à Londres avant le sommet du 2 avril. Mais l’unité de façade au sein de ce club de grands pays industrialisés et émergents s’est fissurée, les Américains demandant de nouveaux plans de relance auxquels les Européens rechignent, arguant de la nécessité plutôt de renforcer la régulation financière.

En Chine, le premier ministre Wen Jiabao a affirmé aujourd’hui que Pékin pourrait prendre de nouvelles mesures de relance économique si nécessaire, tout en s’efforçant de maintenir le cap «difficile» de 8% de croissance cette année. «Nous nous sommes préparés à l’éventualité de plus graves difficultés», a indiqué aux journalistes Wen Jiabao, au dernier jour de la session annuelle du parlement. «A tout moment, nous pouvons présenter des politiques de stimulation de l’économie», a-t-il ajouté.

Selon certains économistes, 8% de croissance est le seuil qui permet à la Chine d’éviter une dégradation de la situation de l’emploi. Les autorités de Pékin ont déjà annoncé en novembre un plan de relance de 455 milliards d’euros.

Le Japon en récession

Au Japon, le premier ministre Taro Aso a ordonné vendredi au parti au pouvoir d’élaborer un nouveau plan de relance, le troisième depuis l’automne dernier, pour tenter d’extraire la deuxième économie mondiale de la récession. Ce nouveau plan devrait prévoir des dépenses de l’ordre de 160 milliards à 240 milliards d’euros.

Le gouvernement japonais a déjà annoncé depuis l’automne deux plans de relance d’un montant total de près de 400 milliards d’euros, dont l’un comprend notamment une initiative controversée visant à offrir une enveloppe d’argent liquide à chaque habitant du pays.

L’économie japonaise vit actuellement sa pire récession depuis la seconde guerre mondiale, frappée de plein fouet par l’effondrement de ses exportations pour cause de chute de la demande mondiale. Le produit intérieur brut du pays (PIB) a chuté de 12,1% en rythme annuel au dernier trimestre 2008.

Selon des chiffres révisés publiés vendredi, la production industrielle japonaise a dégringolé de 10,2% en janvier par rapport à décembre, soit légèrement plus qu’estimé initialement. Cette chute est la pire de l’histoire.