Lundi, le fort rebond des places européennes était suivi par New York dans la soirée. Le S & P 500 et le Nasdaq s'envolaient de 2,6% chacun, alors que le Dow Jones n'avait pas à rougir, avec +2,28%. Acquises à la bonne humeur ambiante, les places asiatiques suivaient la tendance dans la nuit. Le Hang Seng terminait à 9433 (+2,2%) et le Nikkei à 14500 (+1,71%).

Telecom Italia en baisse

Dans ce contexte haussier, l'Europe, mise en confiance par New York, ouvrait une nouvelle fois en hausse. Cependant, certaines nouvelles atténuaient le sentiment positif du marché. Ainsi, l'autorité de surveillance de la Bourse de Milan autorisait Telecom Italia à combattre l'offre faite par Olivetti et jugée illégale. Le futur de cette OPA devenait donc de plus en plus incertain, si bien que Telecom Italia entamait dès l'ouverture un sec mouvement de baisse vers ses niveaux d'avant veille et terminait en baisse de 3,1%.

Plus positif cette fois, la banque anglaise NatWest annonçait avoir plus que doublé son bénéfice lors de l'exercice 1998 et le titre progressait de 3,3%. Toujours à Londres le groupe anglais BSkyB (actif dans les médias et contrôlé par Rupert Murdoch) était présumé en discussions avancées avec Canal+ en vue d'une fusion. Les deux entités concernées se refusaient à tout commentaire et laissaient le marché dans l'incertitude et la spéculation. BSkyB et Canal+ gagnaient ainsi plus de 4% et 5% respectivement en cours de séance. A la clôture pourtant, seul BSkyB parvenait à engranger 3,4%.

Bayer s'envole

A Francfort, l'activité était pour le moins soutenue: Bayer profitait d'une recommandation d'achat et s'envolait de 6,4%. Deutsche Telekom progressait de plus de 5,4%, Allianz de 4,8%, DaimlerChrysler de 3,7% et anticipaient ainsi une future baisse de la fiscalité pour les entreprises annoncée par le gouvernement allemand. Plus au nord, l'équipementier téléphonique Nokia annonçait la commercialisation d'un nouveau produit des plus prometteurs. L'effet fut immédiat avec une hausse de 4,7%.

Les Bourses du nord de l'Europe menaient donc le bal et propulsaient l'Euro Stoxx 50 en hausse notoire. Quand au Sud, l'Italie se distinguait par une performance en dessous de la moyenne continentale. L'annonce d'une «joint venture» entre Pirelli et Michelin pour développer un nouveau type de pneu n'y changeait rien. Cela permettait malgré tout au fabriquant italien d'attirer les investisseurs et de réaliser la meilleure performance sur la place de Milan avec +4,3%.

A Paris, le CAC 40 profitait largement des hausses de Bic (+4%), de Sanofi (+4,6%), mais surtout de celles de Suez Lyonnaise (+3,4%) et Vivendi (+2,13) en raison de leur forte pondération dans l'indice. Air France, après son décollage de la veille, continuait sur sa lancée et progressait encore de 10%, pour un total de plus de 25% sur deux jours.

Sur le plan sectoriel, la distribution était à nouveau au premier plan de l'actualité: dans un futur proche, le géant américain Wal-Mart pourrait bien accroître sa présence en Europe en achetant un retailer européen et ne plus limiter ses activités à l'Allemagne seulement. Les titres du secteur souffraient donc de cette menace et affichaient de maigres performances.

Les banques continuaient d'exhiber des progressions faibles, tout comme les secteurs de la chimie (Bayer excepté) et les services publics (utilies) dont le caractère défensif pesait sur les performances. Une fois de plus, l'indice des titres de la technologie se distinguait et montait de 2,5% réalisant une nouvelle fois la meilleure performance des indices sectoriels.

L'ouverture en baisse de New York inversait quelque peu la tendance et amenait une légère correction. En fin d'après-midi, le président de la Réserve fédérale américaine, Alan Greenspan, adressait au Congrès la première partie de son discours bisannuel. Rassuré par l'absence de mauvaises nouvelles, le marché américain repartait de plus belle, entraînant ainsi l'Europe qui retrouvait presque ses plus hauts de la journée au moment de la clôture.

Pour les extrêmes, Le Dax terminait sur une progression de 2,6%, alors que l'Italie devait se contenter d'une perte de 0,25%. Les autres marchés se situaient dans une moyenne de +1,3% et l'indice Euro Stoxx 50 affichait +1,9%.

Xavier Demierre Pictet & Cie