Si le Sunday Telegraph dit juste, l'édition européenne va se renforcer sous peu. L'éditeur anglo-néerlandais Reed Elsevier, conjointement détenu par Reed International Plc et Elsevier NV, serait en effet sur le point d'offrir 6 milliards de dollars pour acquérir l'américain Harcourt General Inc. Reed Elsevier s'est refusé à commenter cette information basée sur des sources que le journal dominical ne nomme pas. Harcourt est le leader mondial des publications de médecine scientifique. Voici deux mois, Harcourt s'était officiellement mis sur le marché, après avoir suivi les conseils de Goldman Sachs, mandaté pour trouver une parade à la mollesse du titre, qui avait sous-performé notablement l'indice Standard & Poors 500. L'effet d'annonce avait atteint son but, puisque l'action Harcourt a gagné 36% depuis le 16 juin à la Bourse de New York.

Les fondements de cette opération, qui en serait à sa première phase, selon le journal londonien, sont à chercher dans Internet. Reed Elsevier a clairement annoncé en février dernier son intention de muscler ses services en ligne, dans un programme de développement devisé à 1,3 milliard de dollars. En juin, l'éditeur anglo-néerlandais a précisé ses ambitions: il veut mettre six portails Internet en action avant la fin de l'année. De son côté, Harcourt se présente désormais davantage comme un fournisseur de contenu que comme un simple éditeur, en distribuant de plus en plus de ses publications techniques, médicales et scientifiques en ligne.

Enfin, au moment où le produit d'un autre rapprochement entre Britanniques et Néerlandais, Unilever, fait face à des pressions pour se séparer en deux, Reed Elsevier aurait dû renoncer à une fusion complète en raison de facteurs fiscaux pénalisants, croit encore savoir le Sunday Telegraph.

LT/Bloomberg