La baisse du rendement des bons du Trésor américain à 30 ans au-dessous de 6% et la dissipation des craintes d'une hausse très importante des taux d'intérêt lors de la réunion de mardi du comité monétaire de la Federal Reserve n'auront pas suffi. Après cinq jours consécutifs de hausse à Wall Street, les opérateurs avaient l'humeur à prendre des bénéfices. Tous les secteurs ont été touchés et principalement les exportateurs, suite à la faiblesse du dollar contre yen durant l'après-midi. Seuls les titres Internet sauvaient la mise, la maison de courtage Merrill Lynch émettant une recommandation d'achat sur le secteur. Le Dow Jones terminait ainsi en baisse de 1,13% à 10991,3 points, le S & P500 quant à lui perdait 0,84%, et le Nasdaq limitait la casse à 2657 points (–0,5%).

Les marchés asiatiques étaient pourtant toujours bien orientés, emmenés, comme la veille, par les sociétés financières. Hongkong terminait en hausse de 3,16% à 13 403 points et Singapour d'un peu plus de 1% à 2070 points. Seul Tokyo, affaibli par la force temporaire du yen, finissait dans les chiffres rouges (–0,07%), malgré la superbe performance des banques.

Les marchés européens, dans le sillage de New York, ouvraient en baisse. L'euro, qui était très faible contre dollar (1,046) lors des premiers échanges, rebondissait de manière spectaculaire à 1,06 après la publication d'une statistique économique. En effet, l'institut munichois IFO publiait une amélioration de l'indice de confiance des industriels allemands (Business Confidence). Cette amélioration constatée sur trois mois de manière consécutive rassure les investisseurs sur la reprise conjoncturelle en Allemagne et partant en Europe. Au niveau des secteurs, les sociétés cycliques (chimie, papier, acier…) étaient sujettes à des dégagements, certains opérateurs craignant des évaluations désormais très riches. A la peine également, le secteur pétrolier: Royal Dutch perdait 1,72%; Totalfina (–5,38%) et Elf (–4,23%) étaient sujets à des dégagements d'investisseurs spéculant sur la fusion rapide des deux groupes, un tribunal parisien ayant accepté la requête d'Elf de prolonger le délai de l'offre de Totalfina sur ce dernier.

Les banques françaises perdaient les gains de la veille. Il semblerait que Jean-Claude Trichet (gouverneur de la Banque de France) ait demandé à la BNP et à la Société Générale d'étudier la mise en place d'une participation croisée et d'une coopération stratégique. BNP perdait 0,4%, et la Société Générale gagnait 0,16%; Paribas quant à elle clôturait à 106 euros (+0,35%). Suite à la confirmation de l'acquisition de Hannaford par sa filiale américaine Food Lion, Delhaize perdait 3,43%. Même si stratégiquement cette opération est saluée, le prix payé par le distributeur belge est jugé trop élevé. Les autres grands distributeurs européens, tels Carrefour et Ahold, ne pouvaient résister et abandonnaient respectivement 1,06% et 1,9%.

Toujours à Bruxelles, les investisseurs avaient les yeux tournés vers les filiales belges du groupe Suez-Lyonnaise (GBL, Electrafina, Tractebel). En effet ces dernières étaient toutes suspendues, suite à l'annonce de la société mère de vouloir acheter le capital restant de sa filiale américaine United Water Ressources. Cette opération ne semble être en effet que la première étape d'une longue série, qui mènera à une refonte complète du groupe Suez-Lyonnaise. En milieu d'après-midi, Wall Street ouvrait également en baisse et ne permettait pas aux places européennes de se reprendre. Dans ce contexte, l'Euro Stoxx 50 terminait pour la seconde fois consécutive en baisse, à 3679,48 points (–1,59%).