Toute révolution technologique apporte son lot de destructions créatives. La communication électronique prend cette fois-ci ce rôle vedette. Les médias, en particulier les supports d'information, sont visés en tout premier. L'inconfort des utilisateurs se résorbera au fur et à mesure des nécessaires adaptations. Le nouveau support imposera ainsi sa loi. En attendant, les effets induits par ce changement radical du traitement de l'information prennent toujours plus d'ampleur. Tous les intervenants modifieront, avec plus ou moins de bonheur et de rapidité, leurs méthodes de travail. La transparence, l'immédiateté et l'interactivité accélèrent aussi les processus concurrentiels. C'est pourquoi la crise boursière frappe tous les secteurs en dehors des valeurs dites de haute technologie, en tout premier la distribution. L'aisance de la communication amènera en effet celle de la vérification des prix et de la comparaison des qualités. Le confort des achats faits chez soi, déjà expérimenté avec les ventes par correspondance, empiétera sérieusement sur le terrain de l'achat impulsif et du plaisir du shopping. Il est vrai que celui-ci se réduisait déjà comme peau de chagrin. Mais l'achat de certains produits hautement symboliques, l'évolution des valeurs du luxe en témoigne, offre encore de belles perspectives aux détaillants qui savent aussi s'adapter au travers de sites Internet. Douglas, grande spécialiste allemand de la vente de cosmétiques et de bijoux accessibles au grand public, fait partie de ceux-là. La qualité de sa gestion la distingue d'ailleurs d'autres distributeurs allemands. Sa sous-évaluation manifeste, liée à celle des valeurs moyennes allemandes, ne la rend que plus attractive.

* Ferrier Lullin & Cie