Les charivaris des bourses européennes ne reflètent pas une inquiétude particulière sur l'évolution économique plutôt sereine du Vieux Continent. Les problèmes d'évaluation liés particulièrement aux télécommunications et à leur solidité financière portent bien plus de responsabilité dans les soubresauts récents. Les indicateurs conjoncturels marquent en effet un ralentissement, mais rien qui permette de tabler sur pire qu'une croissance molle, assez habituelle. Ainsi s'éloigne un risque inflationniste qui s'est nourri d'un dollar fort couplé à un prix du pétrole très tiré. Les bases de comparaison sont assez médiocres aussi pour garantir encore certaines améliorations statistiques, notamment en ce qui concerne l'emploi qui fut longtemps une préoccupation majeure. Les réformes structurelles prennent forme peu à peu. La baisse des impôts et le retrait progressif des Etats hors de leur rôle de partenaire économique direct en témoignent. Un état d'esprit moins hostile à l'entreprise s'est mis en place. Le financement ardu des retraites oblige aussi à réformer un système vieilli en faveur de formules plus favorables aux marchés. Le capital-risque s'acclimate aussi de ce côté de l'Atlantique. La restructuration complète des organigrammes des sociétés allemandes ne se mettra, elle, véritablement en place que l'an prochain.

Ce délai permet de se positionner sans trop attendre pour tirer parti d'un des rares thèmes d'investissements porteurs ces derniers temps. Or E.On à la tête d'un empire industriel à céder pâtit de toute une série de commentaires négatifs en ce qui concerne les prix de l'électricité mais aussi ses ambitions internationales. Cette morosité crée ainsi une opportunité.