New York montrait son optimisme mardi soir face à la probable hausse des taux d'intérêt, puisque le Dow Jones et le Nasdaq enregistraient tous deux une progression de 1,50% sur la séance. Encore une fois, ceci illustre le fait qu'une remontée du taux d'intérêt de référence par la Federal Reserve est intégrée dans les cours depuis longtemps déjà; cette décision devait intervenir mercredi soir vers 20 h, heure suisse. Les marchés s'attendent à une hausse de 25 points de base, passant ainsi de 4,75% à 5,0%. Il est clair que l'optimisme américain suppose que cette action préventive, visant à contenir tout mouvement inflationniste, ne sera pas répétée au point d'en devenir une tendance haussière stable.

Cette probable hausse des taux ne vient pas soutenir l'euro face au dollar américain. Il est vrai que la tenue d'une monnaie est représentative de la santé économique du pays, et c'est bien la raison pour laquelle le dollar s'est tant apprécié face à l'euro depuis le mois de janvier. Les Etats-Unis vont mieux que l'Europe, mais le niveau des taux a aussi son influence. Un taux d'intérêt plus élevé signifie aussi une meilleure rémunération de tout emprunt obligataire en dollars, et donc un attrait supplémentaire pour la monnaie.

De même que l'indice des plus grandes valeurs américaines – le Dow Jones – gagnait presque 18% depuis le début de l'année contre seulement 9% pour l'indice européen correspondant, l'euro reflétait la même tendance et perdait 13% face au billet vert.

Une fois encore, l'Europe ne parvenait pas mercredi à suivre l'exemple américain, mais partait néanmoins à la hausse en début de séance.

Dans la saga BNP-Société Générale-Paribas, la Banque de France annonçait mercredi l'échec de sa tentative de trouver une issue au conflit, et décidait désormais de ne plus se mêler de l'histoire et de laisser les marchés faire leur choix. Ces derniers jours, les cours des trois valeurs perdaient 10% suite au ras-le-bol mêlé de méfiance des investisseurs étrangers face à l'intervention de la Banque de France. Hier, le sort était donc remis aux forces du marché, ce qui signifie qu'un échéancier va être déterminé pour les différentes offres, que ce soit celle de la Société Générale sur Paribas, ou celle de la BNP sur les deux banques. Les actionnaires décideront de donner leurs actions au plus offrant, ou de les garder. Il est fort possible, dans ces circonstances, de voir la BNP augmenter son offre pour mettre toutes les chances de son côté. Les investisseurs suivaient le même raisonnement et le titre BNP remontait de 2,9%, tandis que Société Générale grimpait de 3,1% et Paribas de 1,4%.

Phénomène technique pour Fresenius Medical Care (FMC), qui voyait le cours de ses actions propulsé de 15,5% suite à une augmentation de sa pondération dans divers indices allemands. FMC est leader mondial dans le traitement de la dialyse rénale, mais dépend du groupe Fresenius qui détient le 50,3% de ses actions. En annonçant mercredi l'enregistrement officiel des actions détenues par Fresenius, même si elles ne seront pas vendues sur le marché puisque la maison mère désire conserver le contrôle de FMC, la filiale voit sa pondération au sein de plusieurs indices allemands doubler. Par conséquent, on assistait au même phénomène que récemment avec Deutsche Telekom: tous les gérants de fonds indicés doivent maintenant racheter des actions FMC afin que leur position réplique la nouvelle pondération dans l'indice.

Bonne journée également pour les équipementiers des semi-conducteurs, suite à la publication des ventes d'équipement en avril. Malgré une baisse de 19% par rapport au mois d'avril 98, ce chiffre constitue une bonne nouvelle puisque cela fait cinq mois d'affilée que la baisse des ventes en pourcentage est de plus en plus réduite, confirmant que depuis la fin 1998, les fabricants de semi-conducteurs ont cessé de couper les investissements et se remettent à acheter de nouveaux équipements pour augmenter leurs capacités de production. Le hollandais ASML, numéro deux mondial dans la lithographie, gagnait 3,3% sur la nouvelle.

En fin de séance, une ouverture nerveuse du côté de New York tirait l'Europe à la baisse et amenait à une clôture mitigée. La France terminait la course en tête, avec +0,7% sur la journée, tandis que la Suède finissait bonne dernière avec –1,1%.