De nouvelles publications de résultats inférieurs aux attentes aux Etats-Unis, ainsi que des prises de bénéfices, ont une nouvelle fois fait baisser le S& P500 (-1,4%) dans la nuit de mercredi à jeudi. Le Nasdaq pour sa part perdait en une séance 2,8% et continuait ainsi la baisse amorcée depuis le début du mois.

Plus tard dans la nuit, le Japon terminait au même niveau que la veille. Le yen continuait de s'affaiblir face au dollar, terminant la journée à 119,5 yens par dollar.

Ouverture en baisse

L'ouverture des places boursières européennes se faisait en baisse, bien que de bonnes nouvelles soient venues agrémenter le début de journée. Tout d'abord, en Allemagne, l'accord passé entre syndicats et patronat au sujet des niveaux des salaires supprimait le risque de grève. Même s'ils n'ont pas obtenu la totalité de leurs prétentions, les syndicats ont tout de même réussi à arracher des hausses de salaires au patronat. La grève n'ayant pas lieu, la journée se présentait favorablement pour la bourse à Francfort.

En France ensuite, la publication des résultats de Carrefour pour l'exercice 1998 était très bien accueillie. Le géant français a finalement bien résisté à la crise des pays émergents où sont réalisés plus de 30% des bénéfices et le futur est très prometteur. Le dividende passera donc de 4,57 euros à 4,9 euros (+7%) et l'action sera splitée par six, si l'assemblée générale se rallie à cette proposition du conseil d'administration. Mercredi, le titre avait fortement chuté mais les bonnes nouvelles de jeudi, cumulées aux bonnes perspectives pour 1999 lui permettaient de gagner près de 12%.

Toujours le matin, l'assureur hollandais Aegon annonçait l'acquisition de l'américain Transamerica pour un montant de $10,8 milliards, créant ainsi un nouveau géant dans le secteur de l'assurance. Le résultat pour le titre Aegon était immédiat, soit une hausse de 6,15%. Cette fusion entraînait de nouvelles spéculations sur de futurs rapprochements dans le domaine des assurances, si bien que l'ensemble des titres du secteur étaient actifs.

Au Royaume-Uni, Glaxo Wellcome publiait ses résultats pour le deuxième semestre 1998. Ils surprenaient les analystes qui n'avaient pas anticipé un volume d'affaires aussi florissant. Cette surprise était bien accueillie par les investisseurs; le titre Glaxo terminait la journée en hausse de plus de 1%.

Plongée pour LVMH et Gucci

Dans l'industrie du luxe, LVMH avait récemment annoncé sa volonté d'être représenté au conseil d'administration de Gucci, suite à sa prise de participation de plus de 34% dans le capital de l'entreprise italienne au mois de janvier. Tôt ce matin, Gucci annonçait son refus de voir entrer un représentant du groupe français dans ses instances dirigeantes. De plus, un plan de stock options en faveur des collaborateurs de Gucci sera mis en place afin de restreindre le pouvoir de LVMH. Dans la foulée, les deux titres plongeaient de 5,5% pour LVMH et de 3% pour Gucci.

D'une manière générale, les marchés restaient en baisse toute la matinée et par conséquent, l'indice Euro Stoxx 50 reculait légèrement, suivant ainsi la tendance amorcée depuis plusieurs jours.

Plus tard dans la journée, le mouvement s'inversait quelque peu, grâce au secteur de la technologie notamment. Les prises de bénéfices relativement marquées de ces derniers permettaient de rebonds. Ce fut le cas pour Deutche Telekom (+6,6%), France Telecom (+5,3), Alcatel (+5,5%), Siemens (+3%) et Mannesman (+3,7%).

L'Euro Stoxx repassait ainsi en terrain positif pour une grande partie de l'après-midi. Peu après l'ouverture de Wall Street, la vigueur de l'économie américaine était une nouvelle fois confirmée par des rapports officiels et les taux à long terme étaient orientés une nouvelle fois à la hausse. Les marchés européens perdaient ainsi tout ou partie des quelques points engrangés en début d'après-midi avant de rebondir en fin de séance.

Cette journée sans tendance marquée se terminait sur des hausses à Paris et à Francfort (+1,35% et +1,05) alors que l'Espagne abandonnait 0,4%. L'Euro Stoxx 50 clôturait quant à lui sur une hausse marginale de 1,2%.