Le discours du président de la Fed, Alan Greenspan, n'a fait que confirmer ce que les places européennes avaient anticipé tout au long de la journée de jeudi. Le rythme actuel de croissance de l'économie américaine semble ne pas être soutenable à long terme; des risques d'inflation existent et l'euphorie des marchés financiers peut entraîner des situations insoutenables. Finalement, la politique monétaire neutre adoptée en juin ne signifie pas que des modifications des taux soient exclues à l'avenir si les conditions de l'économie l'exigent. Toutefois, les prises de bénéfices étaient nombreuses et le Dow Jones reculait de 0,31% alors que le Nasdaq, indice de la Bourse électronique, perdait 2,80%.

Sur les marchés asiatiques, Tokyo clôturait en baisse de 1,1% dans le sillage de Wall Street. Hongkong et Singapour perdaient respectivement 2,1% et 3,8%.

L'euro restait bien orienté face au dollar vendredi matin alors que les marchés confirmaient la mauvaise orientation adoptée depuis le début de la semaine. Après une ouverture en légère hausse de 0,15%, le DAX retombait en milieu de journée (-0,57%). Parmi les titres pénalisés, BMW abandonnait 1,87% après avoir publié des ventes de 387 000 véhicules au premier semestre, soit une hausse de 13% par rapport au 1er semestre 1998. Le constructeur allemand espère conmpenser la chute des ventes de Rover notamment grâce au succès de la série 3.

Dans les télécommunications, Ericsson annonçait un recul de 32% de son bénéfice imposable au premier trimestre, principalement à cause des coûts de réduction de personnel, de nouveaux produits et d'une réduction des ventes dans la téléphonie mobile. Toutefois, la valeur rebondissait de 8,92% sur les bonnes perspectives pour l'année à venir. Nokia abandonnait 3,62% après la remontée de la veille.

Pour la sixième séance consécutive, Paris était en perte de vitesse et perdait 1,09% à la clôture. Lafarge, deuxième producteur mondial de ciment après Holderbank, restait volatile et prenait 3,92% sur la journée après le succès de l'opération d'augmentation de capital réservée aux salariés. En effet, 52% des salariés concernés ont participé à la souscription, témoignant ainsi leur confiance dans le management et la stratégie de croissance du groupe.

Après un début en recul de 0,67%, l'indice de la Bourse d'Amsterdam reprenait un peu d'élan en fin de matinée pour terminer à –0,55%. New York ouvrait en légère hausse pour se replier en suite.

Outre-Manche, le FTSE100 résistait au mouvement de baisse grâce à la progression des bancaires à la suite des bons résultats semestriels de Alliance & Leicester. Le groupe, spécialisé dans le crédit immobilier, enregistrait un résultat avant impôt en hausse de 7,4%, rassurant ainsi les investisseurs pour l'ensemble de l'exercice. Natwest et Abbey National profitaient du mouvement. Toutefois, au niveau européen, les financières étaient en perte de vitesse sur les craintes d'une remontée de l'inflation après la publication des statistiques allemandes et d'une hausse des taux de la part de la BCE. Du côté des pétrolières, le conseil d'administration d'Elf Aquitaine (–1,15%), décidait vendredi à l'unanimité de recommander aux actionnaires de ne pas apporter leurs titres à l'offre publique d'échange de son rival TotalFina, dont les conditions sont jugées inadéquates. Le DJ Euro Stoxx 50 clôturait en baisse de 1,03%.