Duis le début de la correction du triptyque TMT (Techno-Média-Télécom), on peut observer une relation étroite entre l'évolution du cours de l'euro et celui des secteurs TMT européens relativement à l'ensemble du marché. Cette corrélation nous suggère que le flux négatif des fonds américains hors de l'Europe explique en partie l'étrange vigueur du billet vert, de plus en plus détaché des réalités économiques. Mais cela révèle aussi que c'est principalement sur ces secteurs que les retraits se concentrent, ce qui est analytiquement tout à fait légitime au vu du bien meilleur rapport qualité-prix des titres américains dans la plupart de ces domaines.

Par ailleurs, l'hérésie de la création de l'acronyme TMT apparaît d'autant plus au grand jour que les investisseurs perçoivent enfin les profondes différences qui les distinguent: les fondamentaux détériorés des entreprises de services en télécommunication, les évaluations généreuses de bon nombre de médias ou celles détachées de toute réalité des valeurs Internet. Seuls les sous-secteurs des équipementiers en télécommunication et des compagnies de semi-conducteurs ont, jusqu'ici, réussi à se maintenir. C'est amplement mérité pour ces dernières, mais plus sujet à caution pour des sociétés comme Alcatel, désormais encore plus valorisée que Lucent.

A l'inverse, le marché a très durement sanctionné les groupes de services informatiques. Or, ce qui était légitime dans un premier temps, l'est beaucoup moins actuellement. Si après deux excellentes années liées aux passages à l'euro et à l'an 2000, la croissance du secteur est certes atone depuis trois trimestres, elle devrait pourtant, dès la fin de l'année, se maintenir à un niveau supérieur à 12%. Cette notable amélioration sera aidée par la perception progressive du rôle vital de l'informatique au sein des entreprises en tant qu'atout compétitif, ainsi que par la poursuite du rattrapage du taux d'informatisation aux Etats-Unis. Nous sommes clairement acheteurs de sociétés comme Tietoenator dont les prix anticipent déjà le pire des scénarios possibles.

* Ferrier Lullin & Cie