Les très grands projets d'infrastructures ont souvent posé d'épineux problèmes financiers. L'apparition de contraintes naturelles, d'erreurs de gestion incompatibles avec un endettement excessif, d'exigences diverses des autorités, une absence d'effet d'échelle (tant de la clientèle que de la durée de concession) ont poussé bien des ambitions vers des gouffres financiers si ce n'est la nationalisation ou la faillite. Pour exemple, on retiendra les canaux de Panama et de Suez, le tunnel sous la Manche ou encore les chemins de fer.

Ces derniers furent particulièrement handicapés en leur temps par l'exiguïté des Etats européens, obstacle important à leur optimisation. Une certaine similitude du financement des équipements de télécommunications mobiles ne permet pas, à vrai dire, de conclusions hâtives. Mais le contexte actuel pousse à s'interroger. En effet, France Telecom pourtant acteur dominant de son marché national, s'est vu obligé de vendre une participation dans une de ses filiales les plus prometteuses, Orange. De plus, le prix proposé a dû être abaissé fortement pour rassurer des institutionnels effrayés par les investissements futurs. Logiquement, une concentration continentale permettrait à terme de régler une partie du problème.

Dans un tel contexte, la sélection des acteurs qui maîtrisent leur marché tant par leur taille que leur savoir-faire et gardent donc leur chance à long terme, s'impose. Vodafone en est l'exemple dans les télécommunications.

Ainsi les risques inhérents à des services banalisés, par conséquent fortement concurrentiels, en proie à une forte déflation et à des investissements exorbitants, sont minimisés. Mais le jeu en vaut-il la chandelle?