Les premiers signes d'une reprise de l'inflation semblent se manifester en Europe. En Italie, les chiffres préliminaires collectés dans sept grandes villes incitent à penser qu'il pourrait y avoir une accélération du taux d'inflation de 1,4% à 1,7% en glissement annuel. Dans ces conditions, faut-il craindre un dérapage? Probablement pas. Certes, la hausse du cours du pétrole va certainement entraîner un retour à la normale, mais il n'y aura cependant pas d'explosion. Sur le plan conjoncturel, les prix à la production baissent encore. De plus, un taux de chômage excédant les 10% permettra de contenir d'éventuelles pressions sur le front des salaires. Sur le plan structurel, l'introduction de la monnaie unique va faciliter les comparaisons de prix entre pays et entraînera un renforcement graduel de la concurrence. Enfin, la poursuite du processus de dérégulation, notamment dans les domaines des télécommunications et de l'énergie, continuera à déployer ses effets positifs sur les tarifs.

A cette toile de fond rassurante au niveau macroéconomique, il faut ajouter les efforts de restructuration des entreprises. Le duel de titans qui oppose actuellement Elf Aquitaine et TotalFina en est un excellent exemple. Les opérations de fusions et acquisitions, qu'elles aboutissent ou non, entraînent en général des réductions des coûts de production et des gains de compétitivité qui sont autant de facteurs permettant de contenir l'inflation.

Les craintes concernant l'inflation en Europe paraissent actuellement déplacées. Même si une baisse des taux paraît pouvoir être écartée aujourd'hui, il est peu probable qu'on assiste à un resserrement de la politique monétaire à court terme.

*Darier, Hentsch et Cie.