Après une matinée dans le vert, les bourses européennes ont nettement décliné jeudi après que le président de la Banque centrale européenne (BCE) Mario Draghi eut une nouvelle fois exclu la possibilité d’intervenir davantage sur le marché de la dette publique comme le réclament certains Etats.

Alors que s’ouvre un délicat sommet européen dans quelques heures à Bruxelles, vers 14h40 GMT Paris perdait plus de 0,88% pour cent, Madrid 0,29% et Francfort 1,05%. Milan accusait davantage le coup avec une perte de 1,67%. Londres limitait les frais restant quasi stable à -0,16%.

La Bourse de New York a ouvert en repli dans un marché déçu par les annonces en matinée de l’abaissement des prévisions de croissance en zone euro. A 15h00 GMT, le Dow Jones perdait 0,36% et le Nasdaq 0,40%.

Le président de la Banque centrale européenne Mario Draghi a estimé qu’il serait «légalement très compliqué» que la BCE prête des fonds au FMI, dont elle n’est pas membre, pour aider les pays en difficulté de la zone euro.

«Il faut garder à l’esprit le respect de l’esprit des traités» européens, qui interdisent tout financement des Etats par la BCE, a-t-il expliqué, exhortant les dirigeants de l’Union européenne, à «faire leur maximum» en terme de réformes pour ramener la confiance envers la zone euro.

La BCE a donné un peu d’air aux économies européennes en abaissant son taux directeur d’un quart de point à 1%, et en prenant des mesures de soutien au secteur bancaire. «C’était le minimum attendu de la BCE au regard de la situation actuelle», a commenté Carsten Brzeski, économiste d’ING à Londres.

Les avertissements répétés de l’agence de notation Standard and Poor’s qui, après avoir menacé d’abaisser la note des pays de la zone euro, s’en est pris mercredi à l’UE dans son ensemble et à ses banques, contribuaient également à faire monter la pression sur les marchés.

Les chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE se retrouveront à partir de 18h30 GMT à Bruxelles pour un dîner de travail, avant de poursuivre leurs discussions le lendemain pour sortir de l’ornière de la crise de la dette.

Le président français Nicolas Sarkozy a jeudi jugé vital que le sommet européen aboutisse à un accord sur la réforme de la gouvernance économique, estimant que l’Europe n’aurait «pas de seconde chance».

L’euro repartait en nette baisse face au dollar, malgré une brève tentative de rebond. Vers 15h00, la monnaie européenne valait 1,3332 dollar, contre 1,3413 dollar mercredi vers 22h00 GMT, tombant à un plus bas depuis le 30 novembre, avant l’intervention concertée des grandes banques centrales.

Sur le marché obligataire, les taux ont remonté en Italie à 6,183% contre 5,977 la veille en clôture et de manière moins forte en Espagne à 5,528% contre 5,397%