Mercredi, la fusion du millénaire entre AOL et Time Warner repassait en second plan et l'attention se concentrait sur les marchés obligataires, dont les rendements remontaient à leurs niveaux de 1998. Le mouvement de consolidation se poursuivait sur les Bourses européennes, qui ouvraient en léger repli.

Les secteurs les plus remarqués de la journée étaient ceux de la télécommunication, de l'alimentation, de la distribution et quelques valeurs énergétiques, dont Royal Dutch (+2,1%). Les analystes interprétaient cette rotation sectorielle comme un élément supplémentaire confirmant l'amorce d'une période de consolidation. Parmi les grandes valeurs prisées figuraient Carrefour (+3,9%), Danone (+2,6%), Nestlé (+2,2%), et les deux groupes britanniques fort dépréciés Diageo (+1,7%) et Marks & Spencer (+4,6%). En proie à des difficultés structurelles, Unilever demeurait inchangé, alors que Ahold (-1,8%) repartait à la baisse.

Dans le secteur des télécommunications, les divergences étaient fortes. Une demande soutenue était enregistrée sur Sonera et Cable & Wireless, en hausse chacune de 7%, ainsi que sur TIM (+4,2%) et Deutsche Telekom (+3%). Bien que leaders sur leur marché respectif mais en pleine restructuration, Telefonica (-2,3%), France Télécom (-2,8%) et KPN (-4,8%) subissaient des pressions à la vente.

Dans les médias, les disparités demeuraient prononcées, indiquant clairement quelques bénéficiaires probables de la révolution post AOL – Time Warner. Ainsi, UPC bondissait de 7,3%, suivi de près par BskyB (+6,6%), Publicis (+5,3%), Gruppo Editorial (+4,2%) et WPP (+3,2%). Les progressions considérables enregistrées ces derniers jours par certaines valeurs, dont certaines ont avoisiné les 30%, n'ont été tenues ni par les groupes français Canal Plus (-2,4%), Lagardère (-4,9%) et TF1 (-7,2%), ni par les concurrents hollandais Wolters Kluwers (-3,3%) et Elsevier (-5,4%).

Dans le luxe, LVMH poursuivait sur sa lancée en s'appréciant de 5%, alors que L'Oréal perdait 4,5% sur des prises de bénéfices.

L'ouverture des marchés américains, avec un indice Dow Jones pointant en hausse de 0,7% et un composite Nasdaq résistant bien après sa baisse de 3%, permettait à plusieurs Bourses européennes de terminer la séance en zone positive. Avec une hausse de 1,2%, Milan réalisait la meilleure performance, grâce notamment au secteur des télécommunications. Francfort et Londres suivaient avec des gains respectifs de 0,3% et 0,2%. Stockholm demeurait inchangé, alors que Paris et Madrid finissaient sur des replis de 0,5% et 1,4%. Francfort devançait toujours Londres et Paris, portant la surperformance relative depuis le début de l'année à plus de 5%. A la clôture, l'indice EuroStoxx 50 s'inscrivait en baisse de 0,4%, à 4649 points.