Élections américaines

Sur les marchés, l’effet de surprise est vite retombé

Les investisseurs avaient parié sur la candidate démocrate Hillary Clinton. Mais ils se sont vite adaptés à la victoire de Donald Trump. Les bourses ont limité leurs pertes

La panique a été de courte durée. Elle s’est produite mercredi matin dès que les marchés ont commencé à prendre la perspective d’une victoire de Donald Trump dans la course à la Maison-Blanche au sérieux. Déjà ouvertes, les bourses asiatiques ont immédiatement dévissé, -5,6% pour le Nikkei, mais elles se sont rapidement ’adaptées au résultat inattendu du scrutin. En novembre 2008, les marchés financiers américains avaient chuté de 5% en deux jours suivant l’élection de Barack Obama.

Les marchés européens ont connu le même phénomène mercredi. Prises une nouvelle fois à contre-pied – après le vote britannique en faveur du Brexit —, les grandes valeurs ont débuté la séance est forte baisse, mais se sont aussitôt ressaisies. A l’instar du Dax allemand a dégringolé de 4% dans la première heure, mais qui a clôturé la journée dans le vert. Les actions suisses sont restées en légère hausse toute la journée.

Aux Etats-Unis, Dow Jones, S&P et Nasdaq qui avaient tous misé sur une victoire de la candidate démocrate Hillary Clinton, ont eu le temps de digérer la victoire de Donald Trump avant l’ouverture. Ainsi, elles ont entamé la séance hésitantes, mais pas terrifiées. Dans la nuit de mardi à mercredi, elles étaient orientées à la baisse dans les contrats à terme qui reflètent le sentiment des investisseurs en dehors de séances officielles.

Moins fort que lors du brexit

«Les investisseurs n’ont pas de raison de paniquer, explique Fernando Martins da Silva, directeur de la politique d’investissement de la Banque Cantonale Vaudoise (BCV). On constate que la réaction des marchés est moins accentuée que celle qui avait suivi le vote britannique en faveur du Brexit.» Selon lui, une partie des incertitudes étaient déjà incluses dans les cours.

«L’effet de surprise est vite retombé et les investisseurs sont entrés dans une phase de retour à la réalité», explique pour sa part Christopher Dembik, économiste en chef de la Banque Saxo à Paris. Mais ce n’est pas pour autant que les incertitudes ont disparu.» Selon lui, elles pourraient même augmenter au fur et à mesure que le vainqueur du scrutin précise son projet politique et économique pour les Etats-Unis pour ces prochaines années. «Tout dépendra aussi de l’équipe qu’il mobilisera autour de lui», ajoute-t-il. Christopher Dembik estime qu’une certaine volatilité sera de mise jusqu’à l’entrée en fonction du président élu en janvier prochain. Il fait aussi remarquer que les marchés resteront particulièrement attentifs sur sa politique commerciale. «Donald Trump tient un discours constant à ce sujet depuis 1988, dit-il Il s’était alors prononcé contre le libre-échange et il n’a apparemment pas changé d’avis.» Pour sa part, UBS rappelle que l’arrivée au pouvoir des républicains est historiquement une bonne nouvelle pour les marchés financiers.

Les marchés de devises ont eu le même comportement que ceux des actions. Le dollar s’est déprécié face au yen et à l’euro dans la matinée avant d’inverser la tendance. C’est le peso mexicain qui a payé le plus grand tribut, perdant près de 12% de sa valeur mercredi. Donald Trump a promis de renvoyer des milliers de Mexicains sen situation illégale aux Etats-Unis chez eux et de construire un mur à la frontière mexicaine, dont il réclamera le financement à Mexico.

Le retour du franc comme valeur refuge

En revanche, le franc suisse a renoué avec sa fonction de monnaie refuge en période d’incertitude. La monnaie suisse s’est appréciée mercredi matin de 2%, avant de réduire sa hausse par la suite. Dans le même registre, le prix de l’or s’est envolé de 5,4% mercredi dans les échanges asiatiques avant de limiter ses gains à 2%. Son prix dépasse légèrement 1,300 dollar l’once. Les investisseurs ont aussi opté pour des obligations d’État, plus particulièrement américaines et allemandes.

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