Malgré la baisse du rating de la dette souveraine américaine, les investisseurs continuent à garder confiance dans ces obligations puisque le rendement à 10 ans a plongé à 2,2% mercredi. Le phénomène n’empêche pas Marc Faber, le célèbre gourou helvétique, d’affirmer sur son blog qu’en termes de placement «c’est le short du siècle» (la recommandation de vente du siècle). A l’évidence, les investisseurs ne partagent pas son idée selon laquelle les Etats-Unis sont en faillite, ainsi qu’il le déclarait samedi dans Le Temps.

La confiance apparente dans la dette américaine ne concerne guère la monnaie de cette superpuissance. D’ailleurs le dollar baisse mercredi et l’or poursuit son ascension. Jim Rodgers, l’un de ses plus chauds partisans commence à penser que la fête a assez duré. Sur son blog, il indique que la hausse de l’or est trop rapide. Une correction est dans l’air. Lui-même ne vend pas pour autant et se dit prêt à acheter du métal jaune à un meilleur prix.

L’or est en hausse pour la 11ème année consécutive, selon une recherche de Bloomberg qui prend une distance bienvenue avec le court terme. Au cours des 25 dernières années, les gains de l’or dépassent tous les instruments d’analyse financière. D’ailleurs, en termes d’analyse technique, la hausse de l’or n’est pas encore épuisée, malgré le risque de correction, si l’on en croit Jesse’s Café, un blog traditionnellement haussier sur les métaux précieux.

Henry Wegmann, un autre stratège expérimenté mais toujours très actif et très suivi, même s’il n’est plus responsable de la clientèle institutionnelle au Credit Suisse, se montre assez optimiste dans une interview à NZZ online. Il déclare avoir pris ses distances avec les actions il y a 4 semaines à l’annonce par les agences de rating de l’analyse des Etats-Unis. Il estime que les bourses pourraient perdre encore en peu de terrain. Mais il est trop tard pour vendre. Un engagement à long terme serait par contre attractif à long terme sur des valeurs suisses solides. Il cite Novartis, Roche, Nestlé, ABB et Zurich. Dans 12 mois, l’indice SMI pourrait remonter à 6000 points.

Les marchés ont baissé non seulement en raison des problèmes de solvabilité de plusieurs Etats, mais aussi par crainte d’une moindre croissance mondiale. Les deux sont d’ailleurs liés puisque les plans de sauvetage en Europe partent de l’hypothèse d’une croissance qui dorénavant apparaîtrait hors d’atteinte. Aux Etats-Unis, les dernières statistiques hypothécaires de ce mercredi, concernant l’immobilier, réduisent l’espoir d’une reprise rapide. Selon Bubble Meter, un blog spécialisé sur l’immobilier américain, l’espoir de remontée est renvoyé au deuxième trimestre 2012 au plus tôt.

L’espoir vient-il d’Extrême Orient? Après leur récente chute, les actions des pays émergents sont proches d’un plancher, selon Jonathan Garner, chef des marchés asiatiques pour Morgan Stanley. L’évaluation actuelle suppose que les bénéfices des entreprises locales baisseront de 20% ces 12 prochains mois.

L’analyse des marchés d’option laisse également espérer une prochaine phase d’accalmie, ainsi qu’il en ressort du rapport entre le prix des options de vente (put) et des options d’achat (call). Le ratio est tombé à 50 mardi après avoir atteint 84 le 19 juillet..