Après un début d'année relativement calme, les marchés obligataires européens se sont redressés de façon spectaculaire ces dernières semaines. De 5,50% début mars, le rendement du Bund à 10 ans est passé à 5,22% vendredi. A l'origine de cette embellie, la chute des rendements sur la partie longue de la courbe américaine des taux a offert une bouffée d'oxygène à l'ensemble des marchés de la zone euro. La corrélation entre obligations américaines et européennes reste en effet toujours élevée. Par ailleurs, l'effet de rareté engendré par la poursuite des rachats d'obligations par le Département du Trésor a été accentué par la recherche de valeurs refuges, à l'heure où la volatilité des Bourses mondiales ne cesse d'augmenter.

Au-delà de l'effet américain, le recul des rendements obligataires européens s'explique également par des perspectives plus réjouissantes sur le front de l'inflation. D'abord, l'augmentation de la production de pétrole décidée par les membres de l'OPEP est susceptible de stabiliser les prix de l'or noir. Ensuite, l'accord signé entre le syndicat IG Metall et le patronat allemand devrait apaiser les craintes d'une hausse des prix par les salaires. Enfin, la Banque centrale européenne semble vouloir adopter un ton plus incisif et réaffirme sa volonté d'agir de manière préventive face à tout danger inflationniste.

Baisse de la menace d'inflation et discours musclé de la BCE contribuent aujourd'hui à éloigner le risque d'une tension des rendements. Le marché reste toutefois vulnérable tant la faiblesse de l'euro continue d'inquiéter. Les rendements européens, enfin, demeurent toujours tributaires d'un retournement de la tendance positive aux Etats-Unis.

* Banque Edouard Constant.