Les marchés obligataires des pays développés viennent de vivre leur plus mauvais semestre depuis cinq ans. En effet, en février 1994, la Réserve fédérale américaine avait entamé une série de hausses de taux qui avait pesé lourdement sur les obligations. Depuis janvier, la performance en monnaie locale des titres inclus dans l'indice global Salomon Brothers s'affiche à – 0,8%, contre 2% pour les dépôts.

Si les autorités monétaires américaines viennent de nouveau de relever leurs taux directeurs, les conditions économiques sont pourtant tout autres. Plusieurs crises récentes avaient contraint M. Greenspan à lâcher du lest à l'automne pour permettre aux marchés de souffler. L'intervention de la semaine dernière corrige donc partiellement cet assouplissement temporaire. Dans la zone euro, en revanche, les taux courts sont au plus bas. Parallèlement, les économies occidentales connaissent actuellement une période faste faite de croissance (à des degrés divers) et d'inflation très faible. Même si l'économie américaine progresse actuellement à un rythme annuel de 4% et que l'activité de la zone euro semble prête à repartir, rien ne laisse, en revanche, présager d'un fort renchérissement des biens et services. Cette combinaison de taux bas et d'inflation modérée devrait en principe profiter aux obligations. Or, le pessimisme est de mise sur le marché et les niveaux plancher s'écroulent les uns après les autres.

La concurrence des marchés actions, d'une part, et la dynamique baissière, d'autre part, vont continuer à peser sur les obligations. Cependant, les conditions fondamentales devraient rappeler aux investisseurs qu'après la pluie viendra le beau temps.

* UBP, Gestion institutionnelle.