L'univers des «AAA» se restreint de jour en jour. Les contraintes de rentabilité et de croissance sont-elles compatibles avec la problématique des coûts de financement des entreprises? Le monde globalisé astreint les sociétés à une course à la taille optimale dans un laps de temps réduit. Pour rester compétitives, elles s'endettent et les charges de financement augmentent. Les acquisitions amputent les bilans et les agences de notation gardent un œil vigilant sur ces opérations. Ainsi, des bastions inébranlables tels qu'Unilever (A +/A1), à la suite de son rachat de Bestfoods, ont vu leur note abaissée de plusieurs crans. D'ailleurs, c'est au tour de Nestlé, débiteur mythique de la catégorie, de voir sa note mise sous revue négative après son offre d'achat de Ralston Purina. Il ne reste plus guère que Novartis en Suisse à recevoir la note maximale. En Europe, on dénombre dans ce segment essentiellement des entreprises bénéficiant d'un statut particulier, tel qu'une garantie implicite d'Etat ou de commune à l'image de BNG, Kommunalbank ou Nederlandwaterschaps ou des instituts financiers des Länder allemands. Désormais, seules quelques pétrolières (Royal Dutch Shell, Exxon), assurances (Allianz, AIG), pharmaceutiques (Novartis, Merck) et banques (Rabobank) répondent à ces critères de qualité.

Il semble donc qu'à terme le choix de diversification dans ce secteur spécifique des «corporate AAA» se réduira comme peau de chagrin. Cependant, des alternatives existent. L'avènement de marchés comme les ABS (Asset Backed Securities) ou de dettes titrisées, déjà populaires aux Etats-Unis, représenteront des variantes intéressantes pour les investisseurs.