Dans un proche avenir, le débat entre un atterrissage en douceur ou brutal de l'économie américaine devrait se poursuivre. En ramenant l'objectif des fonds fédéraux à 5,50%, la Réserve Fédérale américaine (Fed) a ainsi répondu aux attentes du marché. En regard des dernières statistiques ainsi que des déclarations du patron de la Fed, des baisses de taux complémentaires restent envisageables dans un proche avenir. Dans ce contexte toujours favorable aux marchés obligataires, les rendements pourraient demeurer dans leur tendance baissière.

Cependant, il semble nécessaire de relativiser les choses. Premièrement, le marché à d'ores et déjà incorporé de nouvelles baisses de taux au cours des mois à venir. Les anticipations vont jusqu'à 100 points de base pour les plus optimistes. Deuxièmement, le rebond du Nasdaq depuis le début de l'année, couplé à une réduction significative des primes de risque liées aux crédits, laisse entrevoir que les mauvaises nouvelles devraient être derrière nous. Finalement, la baisse d'impôts désirée par l'administration Bush pourrait donner un (sacré) coup de fouet à la consommation.

En conséquence, une activité économique américaine en forme de «V» ne nous surprendrait pas. Si l'on considère des rendements à 2 ans proche des 4,50% et proche des 5% à 10 ans, le potentiel recelé par les «Treasuries» américains devient de moins en moins évident dans une optique à plus long terme. Paradoxalement, et bien que l'inflation ne soit plus une source de préoccupation importante, les marchés financiers sont en train d'escompter par le biais des «TIPS» (obligations indexées à l'inflation) une accélération des indices des prix à la consommation.