Après le geste de la Banque d'Angleterre la semaine précédente, certains espéraient une baisse des taux de la Banque centrale européenne. Mais celle-ci opta jeudi dernier pour un statu quo. Ce n'est pas une énorme surprise en soi. Même si la croissance européenne s'essouffle, son évolution n'est de loin pas uniforme au sein de l'Union européenne. En effet, des pays comme l'Allemagne ou la France voient leur activité économique marquer le pas tandis que d'autres comme l'Italie et les Pays-Bas continuent d'afficher des taux de croissance proches de 3%. Il en va de même de l'inflation, le renchérissement dans des pays comme l'Espagne et l'Irlande sont supérieurs à 4%, bien au-delà de l'objectif des 2%. Si aujourd'hui tout risque de dérapage inflationniste est exclu, la BCE doit cependant veiller à ne pas relever sa garde prématurément.

En s'approchant au cours de la semaine des niveaux de 0,90 contre l'USD, le spectre d'un euro faible a soudainement resurgi. En général, une devise faible n'encourage pas une banque centrale à abaisser ses taux. Une coupe des taux prématurée envenimerait encore plus les choses. Pour beaucoup, pourtant, l'espoir subsiste de voir la BCE couper ses taux directeurs mais de manière bien plus modeste qu'auparavant.

Dans un contexte désormais moins favorable, le marché obligataire est toutefois resté serein et a maintenu ses niveaux du début de l'année. Comme l'un de nos confrères l'écrivait dans cette même rubrique, le pire n'est jamais certain. Si le consensus devait soudainement exclure un risque de récession aux Etats-Unis, une tension sur les rendements obligataires américains pourrait entraîner les rendements européens dans son sillage.