On ne va pas regretter que l'année 1999 soit terminée pour les marchés obligataires. Parmi les pays suivis (G7 + Suisse), seul le Japon (!) affiche une rentabilité globale positive en monnaie locale. En ce qui concerne les deux principaux marchés (Etats-Unis et Zone euro), la performance est de l'ordre de –2,5%. Ce résultat est comparable à celui de 1994 (environ –3%), mais tranche singulièrement avec 1998 (environ +12%). Il n'est pas nécessaire de s'étendre longuement sur les raisons de la contre-performance de 1999. D'une part, la disparition des crises à répétition dans les pays émergents (Asie, Russie et Brésil) qui a marqué la fin de la prime de qualité accordée aux obligations et, d'autre part, les craintes inflationnistes qui ne se sont pas concrétisées.

Quel scénario pour la nouvelle année 2000? Sous la pression des marchés, les banques centrales vont certainement devoir procéder à un durcissement de leur politique monétaire (à l'exception du Japon). La pression en faveur de mesures préventives sera particulièrement importante au cours du premier trimestre, avant de pouvoir observer un ralentissement de l'activité économique. Toutefois, ces réajustements monétaires sont déjà largement escomptés dans les structures par terme (+50 pdb par la Fed et +75 pdb par la BCE pour le premier semestre). Ces anticipations pourraient s'avérer trop pessimistes et faire, de ce fait, l'objet de révisions. La hausse du taux de base effectuée par la Banque d'Angleterre, jeudi dernier, montre que les opérateurs se sont déjà préparés au pire. A preuve, cette annonce a été accueillie avec un flegme tout britannique comme un «non-event».

*Union Bancaire Privée.