La Réserve fédérale américaine a baissé mardi dernier ses taux directeurs de 0,5%. Loin de rassurer, cette décision a déçu. Les principaux indices boursiers américains ont fortement corrigé, pendant que les rendements obligataires se détendaient sur l'ensemble de la courbe. Cette réaction traduit le scepticisme des intervenants. La Fed est accusée de ne pas prendre les mesures nécessaires afin d'éviter une entrée en récession de l'économie américaine.

La question de la crédibilité de la Fed refait régulièrement surface. Ne lui reprochait-on pas, en mai dernier, de ne pas monter ses taux de manière assez agressive? Le consensus tablait alors sur des Fed funds à 7%, et les rendements à 2 ans avaient atteint 6,90%. Moins d'une année plus tard, on observe la situation inverse. Les contrats futurs reflètent des attentes de Fed funds proches de 4% pour septembre, soit une baisse de près de 1% par rapport au niveau actuel, et les rendements à 2 ans sont inférieurs à 4,20%.

Cette tendance des marchés financiers à surréagir traduit le côté asymétrique des risques présents sur le marché obligataire aujourd'hui. Le mouvement de baisse des rendements montre des signes d'essoufflement, et les niveaux actuels reflètent une bonne dose de pessimisme. Seule une détérioration de la situation économique mondiale pourrait alimenter une nouvelle baisse des rendements. Le marché obligataire par contre serait vulnérable en cas de stabilisation de l'économie et des marchés financiers. La capacité de la Fed à prendre les mesures nécessaires (baisse de taux de 0,5% avant sa prochaine séance du 15 mai, par exemple) et à regagner la confiance des investisseurs sera une nouvelle fois déterminante.