Après la hausse de taux d'un quart de point du 30 juin dernier, le discours de M. Greenspan jeudi devant le Sénat constituait la première occasion pour le gouverneur de la Fed de préciser ses vues sur l'évolution de l'économie américaine. Le retrait du biais restrictif et le passage à une position neutre avaient quelque peu surpris. La réaction du marché obligataire américain avait cependant été positive, M. Greenspan laissant entendre qu'une seule hausse de taux serait suffisante.

Le ton de son discours de jeudi dernier se veut pourtant plus nuancé, et l'éventualité d'une prochaine hausse refait surface. Le marché a cette fois-ci réagi de manière négative: les rendements ont augmenté de 5 à 15 points de base sur toute la courbe, les échéances à 5 et 10 ans étant les plus touchées. Au-delà des mises en garde de la Fed, les dernières statistiques publiées ont été favorables. Le déficit de la balance commerciale a surpris par son ampleur, certains économistes estimant la contribution négative du commerce extérieur à la croissance du PIB à plus de 1% au second trimestre. La forte baisse des mises en chantier semble également indiquer un tassement de l'activité dans le secteur de la construction.

La semaine à venir devrait être riche en enseignements, avec la publication des chiffres de croissance du PIB pour le second trimestre, ainsi que de l'indice des coûts salariaux. Des signes encourageants quant à la modération de la demande intérieure et à l'absence de pressions inflationnistes au niveau du marché de l'emploi limiteraient les anticipations de hausse de taux et permettraient au marché américain de poursuivre la tendance positive observée depuis la fin du mois de juin.

*Banque Edouard Constant.