Les bons du Trésor ont grandement bénéficié l'an dernier de l'amélioration des finances publiques américaines. Le surplus budgétaire a permis au Trésor de réduire ses émissions et de lancer un programme de rachat de sa propre dette. Près de trente milliards de dollars d'obligations d'échéances comprises entre 10 et 30 ans ont ainsi été retirés, favorisant l'inversion de la courbe des taux constatée en début d'année passée. Les dernières prévisions du gouvernement tablent sur une augmentation du surplus budgétaire qui permettrait au Trésor de rembourser d'ici à 2006 la totalité de sa dette détenue par le public. L'accumulation de surplus pourrait même à terme poser un problème qui mériterait selon M. Greenspan d'être pris en compte sans tarder.

Malgré une situation budgétaire structurellement saine, les risques d'une détérioration à court terme augmentent par l'effet combiné du ralentissement économique et des projets de baisses d'impôts. Les débats en cours au Sénat font craindre des allégements fiscaux plus importants que ceux initialement proposés par M. Bush.

Ces développements laissent à penser que le montant net d'émissions du Trésor en 2002 pourrait être supérieur aux attentes actuelles. Ayant davantage bénéficié de l'effet «rareté» l'an dernier, la partie longue de la courbe des taux semble plus vulnérable à une diminution du surplus des comptes publics. Plus sensible à l'évolution de la politique monétaire, la partie courte de la courbe devrait, elle, continuer à bénéficier des attentes de baisse de taux par la Réserve Fédérale. Ce risque de détérioration de l'environnement budgétaire va encore alimenter la pente de la courbe des taux.