L'ampleur de la baisse des taux par la Réserve Fédérale de mardi sera déterminante pour l'orientation des marchés obligataires, aussi bien ceux des actions ou encore celui du dollar. A l'heure actuelle, plus de 50 points de base de baisse sont d'ores est déjà escompté par le marché.

La situation économique se trouve aujourd'hui à un point délicat, et son retournement demeure le point crucial en terme de stratégie obligataire. D'un côté, les marchés ont pleinement incorporé ce scénario. De l'autre, les signes d'une reprise rapide de l'économie sont de moins en moins évidents à déceler. Auparavant, le débat entre un atterrissage brusque ou en douceur de l'économie américaine battait son plein. Depuis peu de temps, les indications fournies par les marchés financiers militent clairement en faveur d'une reprise particulièrement lente de l'activité économique. Premièrement, le déclin de la profitabilité des entreprises doit stopper. Le nombre de «profit-warning» a continué d'accélérer au cours du premier trimestre. Ensuite, le montant des provisions des banques, essentiellement américaines, s'est considérablement accru lors du dernier trimestre. Certains y verront même les prémices d'un «credit-crunch». Le troisième point, qui est une conséquence des deux premiers, réside dans la performance décevante des actions non seulement technologiques mais également financières. Enfin, la courbe des rendements souligne les attentes pessimistes du marché en terme de performance économique à venir. Hormis l'aspect directionnel des taux d'intérêt, les crédits non gouvernementaux pourraient bien connaître encore des jours tumultueux.