Le gouvernement allemand peut se frotter les mains: les enchères pour l'attribution des licences UMTS vont lui rapporter plus de EUR 50 milliards, soit environ cinq fois le déficit budgétaire fédéral. Le ministre des Finances, Hans Eichel, a d'ores et déjà annoncé que cette somme allait servir en partie à réduire la dette de l'Etat.

Si les enchères en Allemagne auront un effet positif sur la dette souveraine, c'est l'inverse pour les emprunts du secteur des télécoms. L'agence de notation américaine Standard & Poor's a averti que la note de Deutsche Telekom (AA –, sous revue avec implication négative) pourrait tomber dans la catégorie de rating BBB. Le montant payé par l'opérateur allemand pour l'acquisition de VoiceStream (EUR 53 mia) et le prix de la licence UMTS en Allemagne (environ EUR 8,5 mia) détériorent sensiblement la solidité financière du groupe. DT a communiqué qu'il fera tout son possible pour éviter une telle mesure et remonter rapidement sa notation. Si cette baisse devait néanmoins se produire, le groupe se verrait dans l'obligation de payer 50 points de base (pdb) d'intérêt supplémentaire sur son emprunt multi-tranches de USD 14,6 mia émis en juin dernier, alourdissant ainsi le service de sa dette. Pas facile!

Les investisseurs avaient déjà anticipé ce mouvement, en révisant à la hausse les primes de risque du secteur. A titre d'exemple, l'emprunt DT 5,25% 2008 en euros a vu son écart de rendement passer d'environ 60 pdb début mars à 120 pdb aujourd'hui. Les marchés financiers se demandent combien de temps il faudra aux opérateurs européens pour rentabiliser leurs investissements, d'autant que la concurrence sera beaucoup plus âpre, en Allemagne notamment, où les six licences attribuées laissent présager une guerre des prix.

* Union Bancaire Privée