Après des années un peu moroses, les perspectives pour l'économie suisse semblent plutôt réjouissantes. Le taux de croissance accélère enfin, tiré tant par la demande intérieure que par les exportations. La situation au niveau du marché de l'emploi s'est également améliorée, le taux de chômage baissant de 3,4% à 2,5% au cours des douze derniers mois. Seule ombre au tableau, l'inflation a repris le chemin de la hausse. Le taux de renchérissement annuel a atteint 1,7% en décembre, alors qu'il était encore proche de zéro en début d'année. Si cette hausse de l'inflation ne semble pas pour l'instant devoir mettre en péril l'objectif de stabilité des prix (inflation inférieure à 2%) que s'est fixé la Banque Nationale Suisse, il est probable que cette dernière, comme les autres banques centrales européennes, soit contrainte à monter ses taux dans les mois à venir. Les hausses à venir devraient cependant être d'une ampleur plus importante en Suisse.

En effet, les rendements ajustés par l'inflation restent faibles, et sont inférieurs à ceux observés dans le reste de l'Europe continentale de plus 150 points de base, tant sur les échéances courtes que longues. La situation conjoncturelle actuelle ne semble pourtant justifier ni des taux réels si bas, ni une telle différence entre la Suisse et la zone euro. Un ajustement par une hausse des rendements en francs suisses pourrait intervenir. Même si la réduction de cet écart de rendement devait bénéficier au franc suisse, le potentiel offert par les marchés obligataires de la zone euro semble plus intéressant dans le cadre d'une gestion en obligations internationales. Dans ce contexte, l'attrait du marché suisse reste pour l'instant limité.

*Banque Edouard Constant