A quelques jours de l’ouverture de la procédure civile à l’encontre d’UBS, les marchés ne montraient aucun signe de panique jeudi. L’action a même regagné 2,9%. Le scénario d’une saisie des avoirs d’UBS n’est pas privilégié. «Je ne pense pas que le marché financier global anticipe une telle possibilité. Une telle mesure serait extraordinaire, même à l’échelle américaine», estime Peter Thorne, analyste chez Helvea à Londres.

La solution d’un accord extrajudiciaire contre le paiement d’une amende salée reste la plus probable. Reste à savoir où se situe la limite supportable pour UBS, qui a récemment renforcé ses fonds propres. Fin juin, la banque a levé 3,8 milliards de francs, en plaçant 293 millions d’actions à un prix de 13 francs. L’opération lui a permis de rehausser son ratio de fonds propres de catégorie 1 à 11,9% à fin juin (10,5% à fin mars).

Une amende allant jusqu’à 5 milliards est supportable

Récemment, certains experts ont évoqué une amende pouvant aller jusqu’à 5 milliards de francs, voire 10 milliards de dollars selon un professeur bernois. «Au pire des cas, une somme de 10 milliards réduirait d’environ 4% le ratio de fonds propres Tier 1, l’abaissant de 12 à 8%», calcule Peter Thorne, «ce qui ne serait pas satisfaisant».

Une amende de 5 milliards de francs ferait chuter de 2% le ratio Tier 1 d’UBS à 10%, soit le niveau minimum exigé, estime un analyste de BZ Bank, cité par Reuters. En fonction de la méthode comptable utilisée, cette limite pourrait aller jusqu’à 6 milliards de francs, juge un autre analyste. Le ratio Tier 1 dépasse 10% chez Deutsche Bank et atteint 14% chez Credit Suisse. De son côté, Dirk Becker, analyste chez Kepler à Francfort, craint qu’une forte amende ou le besoin de lever de nouveaux capitaux, n’affaiblissent le titre. Il place un objectif à 10 francs.

La question de la cession de certaines activités outre-Atlantique se pose aussi. «UBS a tout intérêt à réduire son exposition sur le marché américain. La banque d’investissement a été un désastre. Dans la gestion de fortune, Paine Webber a réalisé des résultats décents mais elle n’a pas rendu UBS riche», ajoute Peter Thorne.