Italie

Les marchés résistent face au retour du risque géopolitique

Malgré l’absence de majorité claire lors des élections de dimanche, l’indice italien a subi un recul contenu à -0,42%. L’incertitude pourrait encourager la Banque centrale européenne à prolonger sa politique accommodante

Après une semaine dernière au cours de laquelle les bourses américaines et européennes avaient perdu entre 2% et 4%, le marché italien a ouvert lundi en forte baisse suite aux élections de dimanche. L’incertitude politique provoquée par l’absence de majorité claire dans les urnes a pénalisé l’ensemble du marché en début de séance, et en particulier les valeurs du secteur financier. Après avoir reculé de 2% d’entrée de séance, l’indice FTSE Mib s’est ressaisi pour clôturer sur un recul de 0,42%, à 21 820 points, à la bourse de Milan.

Les négociations officielles autour de la formation d’un gouvernement commenceront le 23 mars, et pourraient prendre plus que les deux mois qui avaient été nécessaires pour former un gouvernement en 2013, analyse Morgan Stanley. Dans cette période d’incertitude, l’actuel gouvernement demeurera en place, poursuit la banque américaine.

Par conséquent, les orientations budgétaires ne devraient pas évoluer, d’autant plus que le budget 2018 a déjà été approuvé. Les analystes de Morgan Stanley calculent que l’Italie devrait maintenir un surplus budgétaire proche de 2% du PIB cette année et la prochaine, ce qui devrait contribuer à une réduction, certes «relativement lente», de la dette.

Impact positif et contre-intuitif

La perspective d’une coalition entre le Mouvement 5 étoiles (M5S) et la Ligue serait le pire scénario pour les marchés, relève la banque Syz. Un tel résultat semble très peu probable mais il alimente une incertitude politique plus dérangeante que d’habitude, poursuit l’établissement genevois.

Cette incertitude pourrait néanmoins avoir un impact positif «significatif et contre-intuitif» sur l’obligataire en Europe, en encourageant la Banque centrale européenne (BCE) à faire preuve de prudence dans la normalisation de sa politique monétaire. Plutôt que d’achever son programme d’assouplissement quantitatif en septembre, la BCE pourrait le maintenir quelques mois supplémentaires, selon Syz.

Cela soutiendrait le crédit européen et les taux gouvernementaux sur le Vieux Continent, qui avaient fait l’objet d’une attention particulière après l’épisode de volatilité de début février. Dans ce scénario, seuls les actifs obligataires italiens subiraient une augmentation de leur prime de risque, conclut la banque. La BCE annoncera jeudi sa décision sur les taux d’intérêt.

Publicité