C’est un réflexe classique sur les marchés financiers. Comparer la situation actuelle avec un épisode passé et essayer d’en tirer des conclusions. L’opération est assez facile concernant l’ampleur du crash boursier provoqué par le coronavirus. Il faut remonter à 2011 pour trouver une séance aussi négative que celle de jeudi pour le marché actions américain (-4,4%). Encore ouvert à l’heure du bouclage de ce journal, l’indice S&P500 semblait bien parti pour une septième séance de baisse consécutive vendredi, après avoir ouvert en chute de 3%. Cela marquerait sa pire semaine depuis 2008, avec un recul dépassant 10%. Les bourses asiatiques et européennes ont également subi de forts reculs. En revanche, la propagation du Covid-19 résiste de plus en plus à toute comparaison historique. Et c’est précisément ce qui entraîne les marchés dans ce «coronacrash».

Près de 6000 milliards de dollars de capitalisation boursière se sont envolés, alors que les bourses mondiales sont restées en mode panique vendredi. Et ce n’est probablement pas terminé: les investisseurs prévoient que les cours des actions américaines seront encore très volatils au cours des trente prochains jours. Car l’espoir que l’épidémie commencée en Chine soit contenue en quelques mois s’est évaporé ces derniers jours, à mesure que le nombre de cas explosait dans le reste du monde. Ce qui signifie que l’activité économique ne retrouvera pas son niveau normal à court terme.