Technologie

Margrethe Vestager prête à de nouveaux combats

Auditionnée mardi par les eurodéputés, la commissaire européenne à la Concurrence et au Numérique veut réguler l’intelligence artificielle et s’intéresser à la «gig economy», «l’économie des petits boulots»

Margrethe Vestager compte intensifier son combat contre les pratiques anti-concurrentielles des géants de la technologie. Elle veut même s’intéresser au sort des petites mains de ces multinationales et se plonger dans les débats liés à l’intelligence artificielle. Mardi à Bruxelles, la Danoise était auditionnée par les eurodéputés pour continuer non seulement à être commissaire européenne à la Concurrence, mais aussi se charger du portefeuille du Numérique ces cinq prochaines années. Sa nomination devrait être confirmée ces prochains jours, pour une entrée en fonction en novembre.

A l’origine de plusieurs amendes contre Google pour abus de position dominante pour un montant total dépassant les 8 milliards de francs, mais aussi de l’ordre donné à Apple de rembourser 14 milliards de francs d’arriérés d’impôts à l’Irlande, Margrethe Vestager veut agir concernant l’intelligence artificielle. «Nous devons réguler la façon dont les entreprises récoltent et utilisent les données, pour que cela bénéficie à tous.» La Danoise de 51 ans a plaidé en faveur d’une approche européenne concernant l’intelligence artificielle durant les 100 premiers jours de son deuxième mandat, afin qu’elle soit utilisée de manière éthique.

Uber visé

Une telle approche pourrait affecter les géants américains de la technologie, qui risquent d’être soumis à de nouvelles règles sur le continent. «Il y a un risque que si nous ne faisons rien, nous allons renforcer les inégalités qui existent actuellement», a affirmé Margrethe Vestager.

Uber va de son côté suivre de près les intentions de la Danoise concernant la «gig economy», soit «l’économie des petits boulots». La commissaire veut que ces personnes soient mieux payées et a évoqué un changement de régulation afin que des accords de branche permettent de fixer une rémunération minimale.

Lire aussi: Le bras de fer entre Google et la Commission européenne s’intensifie

Dernier recours

Interrogée sur la possibilité qu’elle demande à une entreprise d’être scindée en plusieurs entités, la Danoise s’est montrée prudente. «Casser des entreprises, c’est un outil dont nous disposons, qui peut être utilisé. Le fait est que j’ai l’obligation d’utiliser l’outil le moins intrusif possible afin de rétablir une concurrence loyale», a-t-elle déclaré aux députés européens. Et de poursuivre: «Etant donné que casser une entreprise est une action extraordinaire, j’ai évidemment l’obligation d’essayer d’autres outils pour résoudre la situation dans laquelle nous nous trouvons.»

La commissaire a reconnu que «les amendes ne sont pas une arme absolue et ne sont pas suffisantes, car elles concernent un comportement passé. Nous cherchons des remèdes encore plus forts pour restaurer de la concurrence dans certains marchés.»

Alors que la justice européenne doit se prononcer ces prochaines semaines sur la décision concernant les 13 milliards d’euros que devrait verser Apple à l’Irlande, Margrethe Vestager a signifié que cette lutte contre les accords fiscaux jugés inéquitables allait se poursuivre. Mardi, elle a indiqué avoir demandé aux gouvernements des pays membres de l’Union européenne des informations sur des accords fiscaux, afin de détecter ceux qu’elle estime injustes.

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